Cette décision peut paraître logique, mais pendant des années, les chaînes de télévision et les radios utilisaient parfois les horaires de nuit pour équilibrer les temps de parole des responsables politiques.
L’Arcom a décidé de clarifier la situation à neuf mois de l’élection présidentielle.
"Le collège de l’Arcom a décidé […] de ne plus tenir compte des prises de parole des personnalités politiques diffusées la nuit", a annoncé le régulateur dans un communiqué repris jeudi 9 juillet par l’AFP. Cette décision s’appliquera à partir du 1er octobre. La plage horaire concernée s’étend de minuit à 5h59, période durant laquelle les audiences sont très faibles.
Le directeur général de Reporters sans frontières, Thibaut Bruttin, a salué un choix qui précise "les contours du contrôle du pluralisme dans la perspective de l’élection présidentielle".
"(...) L’Arcom met un terme à une politique de régulation qui avait été largement dévoyée par les éditeurs, au premier rang desquels CNews", a-t-il réagi.
CNews va devoir modifier ses pratiques ?
Les radios et les télévisions transmettent chaque mois à l’Arcom les relevés des temps de parole des responsables politiques. Le régulateur les contrôle a posteriori afin de s’assurer d’un équilibre entre les formations politiques.
CNews a été l’une des chaînes les plus critiquées pour cette pratique. D’ailleurs d!s ce matin, le média réagit négativement à cette annonce dans son émission l’Heure des Pros. Georges Fenech, ancien magistrat alerte à propos des règles imposées: “On est en train de porter une atteinte grave à la liberté d'expression”. Et pourtant, Martin Ajdari, président de l'Arcom, avait bien pris soin de souligner que l'instance n'avait ”aucune intention de fermer CNews”, manifestement ces nouvelles règles ne sont pas bien perçues.

Fin novembre, Reporters sans frontières avait accusé CNews de contourner les règles en diffusant les responsables de gauche la nuit et en réservant les meilleures tranches d’antenne, entre 7h et 10h puis entre 18h et 21h, à des responsables d’extrême droite. L’ONG s’appuyait sur des données de mars 2025 et avait accusé de "triche" le média de la Bollosphère, propriété de Vincent Bolloré.
L’Arcom avait annoncé n’avoir constaté aucun manquement au pluralisme sur la chaîne. De son côté, le journal Libération avait étudié quelque 750 heures de diffusion de CNews et conclu que la chaîne "favorise bien la droite et l’extrême droite sur son antenne".
À la mi-juin 2026, l’Arcom avait finalement mis CNews en demeure de mieux respecter la diversité des sensibilités politiques.
Radio France également rappelée à l’ordre
Début juin, l’Arcom avait également rappelé Radio France à l’ordre pour avoir sous-représenté en journée le Rassemblement national (RN). Sur la période de janvier à mars, qui englobait les élections municipales, près de 60 % du temps de parole accordé aux représentants du parti d’extrême droite sur France Inter avaient été diffusés entre minuit et 5h59, et plus de 70 % sur France Info.

Cette décision constitue "un bouleversement qui devrait donner du fil à retordre aux médias puisqu’ils n’auront plus que dix-huit heures par jour pour se conformer à la loi", note l’hebdomadaire culturel Télérama.


























