FRANCE
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Canicule: "La France doit changer d'échelle" pour s'adapter au réchauffement
Le Haut Conseil pour le climat rend public son 8e rapport annuel ce jeudi 9 juillet. L'organisme y appelle la France à "changer d'échelle" pour adapter le pays aux conséquences du réchauffement climatique.
Canicule: "La France doit changer d'échelle" pour s'adapter au réchauffement
Lors des canicules, les écoles ont fermé, les musées aussi, des trains ont été annulés, signe d'une adaptation des infrastructures

Ce huitième rapport publié jeudi ne fait que confirmer ce que les trois dernières canicules ont mis en évidence en France. Le réchauffement climatique s'accélère et la France n'est pas prête.

Dix ans après l'Accord de Paris sur le climat, le niveau de réchauffement dû aux activités humaines atteint 1,4 °C et les caractéristiques climatiques deviennent de plus en plus dangereuses pour la santé, les écosystèmes, les infrastructures et les activités économiques, alors même que les conflits géopolitiques liés aux énergies fossiles prennent de l'ampleur, menaçant la souveraineté et la sécurité, énumèrent les auteurs du rapport.

Le texte tire une conclusion sans appel: "La France doit se mobiliser pour faire face à ces enjeux et engager un changement d'échelle des politiques climatiques d'atténuation et d'adaptation."

Les experts rappellent aux gouvernements qu’ils ont ralenti dans leurs efforts: "Les investissements verts publics et privés ont progressé de 50 % en dix ans en euros constants, mais ils ont reculé de 5 % en 2024, une inflexion préoccupante alors qu'ils devraient au contraire quasi doubler d'ici 2030."

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Il faut accélérer les actions contre le réchauffement climatique. En 2025, les émissions françaises de gaz à effet de serre ont baissé de 2,1 %.

"Le rythme doit s'accélérer. Il va devoir au moins doubler ces prochaines années, donc atteindre en moyenne plus de 4 % par an en 2026, 2027 et 2028", a estimé Diane Strauss, membre du Haut Conseil pour le climat. Au premier trimestre 2026, les émissions ont baissé de 4,8 %.

Le rapport souligne ainsi que les mesures engagées ne sont pas à la hauteur des objectifs fixés et des enjeux réels. Les auteurs estiment que les efforts demeurent insuffisants au regard de l'ampleur des risques, notamment pour la santé. Plus de 2 000 personnes sont mortes lors de la canicule de juin en France, selon Santé publique France.

Une dépendance persistante aux énergies fossiles

Les experts pointent du doigt l’un des principaux problèmes: le maintien d'une dépendance aux énergies fossiles qui rend l'économie française vulnérable et entraîne des risques sociaux. La récente crise liée au blocage du détroit d'Ormuz en est une illustration: aggravation de la précarité énergétique, hausse des coûts de production agricole, avec des effets potentiels sur la précarité alimentaire, ainsi qu'une augmentation des inégalités et de la pauvreté.

Les auteurs du rapport insistent sur le fait que le stress climatique touche plus durement les populations les plus précaires, les personnes âgées, les sans domicile fixe ainsi que les ménages aux ressources limitées. Ce sont elles qui vivent le plus souvent dans des logements qualifiés de "bouilloires thermiques", ou qui n'ont pas les moyens d'adapter leur habitat ou leurs modes de transport.

Les experts dressent le même constat: les politiques publiques et l'aménagement du territoire en France restent largement conçus pour un climat qui n'existe déjà plus.

SOURCE:TRT Français