La mort de Jean Pormanove en direct sur internet a été un électrochoc révélant les dérives possibles sur internet et plus particulièrement sur la plateforme Kick, qui ne contrôle pas les directs diffusés.
Safine et Naruto faisaient équipe avec Jean Pormanove dans des directs où l’homme était leur souffre-douleur. La procureure Maud Marty a requis 30 mois de prison, dont un an ferme à domicile sous bracelet électronique, et 30 000 euros d'amende contre Owen Cenazandotti, alias Naruto, 27 ans, ainsi que 18 mois de prison avec sursis probatoire et 15 000 euros d'amende contre Safine Hamadi, alias Safine, 24 ans.
Elle a aussi demandé un "bannissement numérique" des deux hommes, qui seraient interdits à vie de publier sur les plateformes, considérant qu'il s'agit d'un "système de maltraitance humaine" et "pas d'un dérapage ou d'une provocation". "Les violences sont le programme, elles font le scénario", a-t-elle ajouté.
Les deux hommes sont jugés pour des violences et des humiliations, comme des gifles, des coups de pied, des coups de fouet ou de batte de baseball, infligés à Raphaël Graven, alias Jean Pormanove ou JP, et à Stéphane G., alias Coudoux, quadragénaire sous curatelle, au cours de milliers d'heures de direct entre 2023 et 2025 sur les plateformes Twitch puis Kick.
En août 2025, Raphaël Graven est mort près de Nice, après plus de 12 jours de diffusion vidéo en direct de ces violences. Son corps inerte a été retrouvé en direct, choquant le monde entier. L'enquête portant sur sa mort a toutefois été classée sans suite en février dernier, après l'autopsie. Il a été conclu à l'absence d'intervention d'un tiers.
Des directs très appréciés
Avec une moyenne de 20 000 internautes devant chaque direct, le soir de 21 h à minuit, c'était la chaîne Kick la plus regardée en France. Des influenceurs, chanteurs ou footballeurs y ont participé, et ses protagonistes ont touché jusqu'à 6 000 euros par mois, voire davantage pour Naruto.
"On a fait du bien à plein de gens. On ne voyait pas le mal", a déclaré Naruto au tribunal. Safine, son ami d'enfance, qui l'avait rejoint pour animer la chaîne, a assuré avoir essayé de prendre ses distances et se sentir aujourd'hui "pas fier".
Parallèlement à ce procès, une enquête est en cours à Paris sur la plateforme australienne de streaming vidéo Kick, afin de déterminer si elle a rémunéré les deux hommes et quelles mesures elle a prises pour freiner leurs dérives. Le jugement est attendu le 5 août.




















