L'eurodéputée LFI Rima Hassan sera jugée demain à Paris pour un tweet évoquant l'auteur d'un attentat en Israël. La justice française reproche à l'eurodéputée, élue en 2024 sous la bannière de LFI, d’avoir publié sur son compte X un post évoquant le Japonais Kozo Okamoto.
Ancien membre de l'Armée rouge japonaise (ARJ), Kozo Okamoto est l'un des auteurs de l'attaque perpétrée le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l'aéroport de Tel-Aviv. L’attaque a fait 26 morts.
Pour les soutiens de l'eurodéputée, ce procès est une tentative de bâillonner la voix d’une personnalité qui porte la cause palestinienne. L'avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, dénonce "la criminalisation d'une voix propalestinienne parce qu'elle est forte et qu'elle dérange". Le procès de mardi sera "majeur du point de vue de la liberté d'expression", soutient Me Brengarth, interrogé par l'AFP.
Sur son compte X, la militante propalestinienne a publié une tribune intitulée:"Le délit de Palestine". En substance, elle dénonce un acharnement judiciaire. "Il s’agit de la 22e procédure engagée contre moi en raison de mes opinions et positions politiques en lien avec mon mandat d’élue", insiste-t-elle.
Rima Hassan annonce aussi le soutien de "210 personnalités issues du monde de la culture, de la politique et de la société civile, en France et à l’international".
"Ensemble, elles dénoncent la répression de la solidarité avec la Palestine en France et alertent sur le glissement de l’État de droit et le rétrécissement de nos libertés fondamentales."
Apologie du terrorisme ou liberté d'expression ?
Pour l'eurodéputée, il s’agit non seulement d’une tentative de bâillonnement d’une voix qui porte la cause palestinienne, mais aussi d’une manœuvre d’inversion des responsabilités dans le drame que vivent les habitants de Gaza.
"Au moment même où Gaza est dévastée sous les yeux du monde, où des familles entières sont ensevelies sous les décombres, où la famine est utilisée comme arme de guerre, où les organisations internationales alertent sans relâche sur l'ampleur des crimes commis contre la population civile, un renversement des responsabilités s’est installé dans le débat public (...)", écrit-elle.
"(...) Ce ne sont ni les auteurs de ces violences, ni ceux qui les justifient, qui se retrouvent aujourd'hui mis en cause, mais celles et ceux qui élèvent la voix pour demander que cessent les massacres et que soient enfin appliqués les principes les plus élémentaires du droit international", insiste Rima Hassan.
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