Marine Le Pen n'ira pas en prison. Elle est toutefois condamnée à trois ans d'emprisonnement, dont un an ferme sous bracelet électronique, pour détournement de fonds européens.
La présidente du tribunal a répété à plusieurs reprises que "les faits sont graves".
La magistrate a insisté sur le fait que l'ensemble des documents confirmait un mode de fonctionnement dont la finalité "visait à s'accaparer les fonds européens à une autre finalité que celle à laquelle ils étaient destinés".
La cour a également insisté sur la durée des infractions. Ce système d'assistants parlementaires basés à Paris, travaillant pour le parti politique et non sur des dossiers européens, a perduré pendant 11 ans et trois mandatures, alors même que le Parlement européen ne cessait d'alerter sur le respect des règles. Le montant des fonds détournés s'élève à 2,8 millions d'euros.

Marine Le Pen peut se présenter à la présidentielle
La cheffe des députés du Rassemblement national à l'Assemblée nationale peut donc, techniquement, se présenter à l'élection présidentielle, mais sous bracelet électronique. Sa peine d'inéligibilité de 45 mois, dont 30 avec sursis, est considérée par la Cour comme déjà exécutée.
L'élue va désormais devoir décider si, comme elle l'a déclaré à plusieurs reprises, elle refuse de mener une campagne présidentielle avec un bracelet électronique à la cheville ou si elle change d'avis et décide de se présenter.
Elle est ressortie libre du tribunal de Paris pour se rendre au siège du RN, où elle doit tenir une réunion consacrée à la stratégie à adopter avec Jordan Bardella.
L'avocat du RN, Rodolphe Bosselut, s'est dit "partiellement satisfait" de la décision de la Cour. Il estime que la peine d'inéligibilité marque une inflexion et qu'elle est moins sévère qu'en première instance.
Marine Le Pen doit s'exprimer ce soir sur TF1 à 20 h.
À la sortie du tribunal, l'avocat du Parlement européen a posé une question : "Une personne condamnée pour détournement de fonds publics peut-elle être candidate à l'élection présidentielle ?"
Le RN peut encore se pourvoir en cassation s'il n'accepte pas la décision rendue ce jour.




















