Un policier à nouveau pris en défaut. Des vidéos tournées lors de la mobilisation lycéenne à Nancy, dans l’est de la France, jeudi 15 octobre, par des observateurs de la Ligue des droits de l’homme (LDH), montrent un policier en train d’effectuer un tir tendu avec un lanceur de grenades lacrymogènes.
Ces faits sont dénoncés par la LDH, car ce tir tendu est interdit. L’information a été publiée par Ici Lorraine, qui dispose de plusieurs vidéos à ce sujet.
Ce tir n’a pas fait de blessés, mais, selon le manuel d’utilisation des lanceurs de grenades Cougar et les instructions de la police, les tirs doivent être effectués avec un angle de 30 à 45 degrés.
Le tir tendu est interdit pour garantir la sécurité des personnes. Le lance-grenades Cougar est conçu pour le maintien de l’ordre afin d’éviter les blessures par impact direct. Un angle minimal de 30° impose une trajectoire en forme de cloche.
"Si des faits de cette nature ont eu lieu, les autorités compétentes doivent être saisies", précisait à Radio France, en début de semaine, la préfecture de Meurthe-et-Moselle, interrogée sur le sujet. Contactée, la direction de la police en Meurthe-et-Moselle n’a pas répondu hier aux sollicitations d’ICI Lorraine.
Une stratégie de maintien de l’ordre très critiquée
Le 6 octobre dernier, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, suspendait l’utilisation des grenades assourdissantes dans les manifestations lycéennes après qu’un jeune homme de 15 ans a eu la main arrachée à Lens. Le ministère expliquait que le lycéen avait dû ramasser l’engin, ce qu’il a depuis nié.
Il y a deux jours, sur Bluesky, la LDH affichait les chiffres de la mobilisation lycéenne. "Plus de 6 800 interpellations, 86 % de mineur-es, des blessé-es graves: la répression du mouvement lycéen est alarmante."
La présidente de la LDH, Nathalie Tehio, dénonçait le choix de Laurent Nuñez de considérer ces manifestations comme des violences urbaines, ainsi que le recours à la judiciarisation (interpellation et garde à vue) plutôt qu’à la gestion des foules protestataires.
Pour le moment, la Ligue des droits de l’homme étudie la possibilité de déposer plainte à la suite des bousculades subies par deux observateurs lors de cette même manifestation.


























