C’est ce qui restera dans les esprits quand on évoquera la mobilisation lycéenne de 2026: le choix tout sécuritaire du gouvernement comme seule réponse au début du mouvement. Deux adolescents ont été éborgnés à ce jour.
Dans ce contexte, la conférence de presse de l’avocat du jeune homme qui a perdu une main à Lens, ce mercredi 14 octobre, était attendue. Son état de santé est "très compliqué", selon le représentant de l’adolescent. Le jeune garçon a été amputé d’une main, son autre main est également "abîmée" et il a été touché à "d’autres parties de son corps". Selon Bertrand Wattez, l’adolescent de 15 ans présente des plaies "qui s’apparentent à des blessures de guerre".
L’avocat a également donné la version des faits du lycéen. Le 5 octobre dernier, cet élève de lycée professionnel s’est rendu en cours et a découvert un blocage devant son établissement. "Craignant que sa mère ne pense qu’il a séché les cours, l’adolescent entreprend de ramasser des débris d’engins pyrotechniques lancés par les forces de l’ordre" afin de lui montrer des preuves attestant de sa présence aux abords du lycée, a expliqué Bertrand Wattez.
Mais l’avocat certifie que l’adolescent n’a pas ramassé la grenade assourdissante à l’origine de sa blessure. C’était pourtant la version avancée par la police immédiatement après les blessures du jeune homme.
Face à la colère des parents, des enseignants et de l’opinion publique, le ministre de l’Intérieur a peu après décidé de suspendre l’utilisation de ces armes durant la mobilisation lycéenne.

L’avocat annonce qu’une plainte avec constitution de partie civile a été déposée devant le doyen des juges d’instruction de Béthune pour "des faits de nature criminelle" et "des faits de violence volontaire ayant entraîné une ITT permanente".
Un policier mis en examen à Tours
À Tours, la plainte des parents du jeune homme éborgné le 30 septembre 2026 a été prise au sérieux. Le parquet de Tours a annoncé mardi soir qu’un policier avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire pour "violences aggravées".
Le 30 septembre, en marge des manifestations lycéennes, un jeune homme a apparemment été éborgné par un tir de LBD (lanceur de balles de défense). Un autre policier a été placé sous le statut de témoin assisté, tandis que l’enquête se poursuit.

Le fonctionnaire est placé sous contrôle judiciaire, selon le communiqué de la procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard. La famille du jeune homme avait annoncé son intention de porter plainte pour "violences par personne dépositaire de l’autorité publique".
La procureure de Tours, Catherine Sorita-Minard, avait indiqué, à la suite des examens médico-légaux, que les lésions à l’œil de l’adolescent étaient "compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD". L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) avait été saisie. L’enquête a révélé que "deux tirs de LBD ont été réalisés à une minute d’intervalle par deux policiers", détaille la procureure.
Depuis le début de la contestation, selon le ministère de l’Intérieur, "près de 900" policiers et gendarmes ont été blessés, ainsi que 147 personnels de l’Éducation nationale. Plus de 200 lycéens ont également été blessés, selon cette même source. Reste une inconnue: la nature des blessures des policiers que le ministère ne détaille pas. Ultra équipés, ceux-ci ne devraient logiquement pas subir le même type de blessures que les lycéens.



















