"Ce matin, à plus de 450 nautiques au sud de La Réunion, notre Marine nationale a arraisonné le pétrolier DF Peak", a annoncé le président français sur X, en montrant de brèves images d’une intervention et en assurant que "la France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme", terme utilisé pour désigner les navires employés par la Russie pour contourner les embargos occidentaux.
Cette opération, "menée sur la base de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer", visait "à vérifier la nationalité de ce navire", a précisé la préfecture de La Réunion dans un communiqué.
Battant pavillon béninois, le DF Peak est un pétrolier figurant sur la liste des navires placés sous sanctions par l’Union européenne. Il est soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe depuis le 25 juin 2024, alors qu’il s’appelait Kaliningrad.
"L’examen des documents (...) a confirmé les doutes quant à l’irrégularité du pavillon arboré", a pour sa part indiqué sur X l’état-major des armées françaises, précisant avoir procédé au "déroutement du navire sous escorte des moyens de la Marine nationale".
Un signalement a alors été transmis à la procureure de la République de Saint-Denis, autorité compétente au titre du tribunal maritime.
Le navire a été dérouté et est actuellement escorté par des moyens de la Marine nationale vers un point de mouillage au large de La Réunion, où les vérifications se poursuivront.
"L’équipage du pétrolier, composé de 21 marins de plusieurs nationalités, est resté à bord, sous la surveillance de militaires français", a conclu la préfecture.
Les États membres de l’Union européenne ont arraisonné quelques dizaines de bateaux soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme russe. Cette flotte transporte du pétrole et du gaz russes malgré les sanctions qui frappent le pays.
Plus de 700 navires sont actuellement inscrits sur la liste des sanctions européennes.
Les navires soupçonnés d’aider la Russie à exporter ses hydrocarbures malgré les sanctions américaines, britanniques ou européennes changent parfois de nom ou de pavillon pour déjouer les contrôles.
Un bateau arraisonné alors que Trump achète du diesel russe
L’annonce du président français intervient dans un contexte d’inquiétude des Européens sur l’avenir de la guerre en Ukraine, après que Donald Trump a levé les sanctions américaines contre la Russie et signé un accord sur le gazole russe avec Moscou. Cette annonce intervient une semaine après une réunion du G7 au cours de laquelle il a demandé aux Européens de puiser dans leurs réserves stratégiques pour faire baisser les prix à la pompe, ce qu’ils ont accepté.
Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi avoir négocié la livraison de quantités massives de gazole russe aux marchés américain et mondial, levant ainsi des sanctions qui pèsent sur Moscou, au grand dam du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a dénoncé une décision "indigne".
L’Union européenne a, de son côté, promis de continuer à renforcer ses propres mesures contre Moscou. La cheffe de sa diplomatie, Kaja Kallas, a déclaré samedi que la levée des sanctions sur le gazole russe contribuait à alimenter la guerre menée par le Kremlin contre son voisin ukrainien.
Donald Trump a également annoncé dimanche un "cessez-le-feu énergétique" entre la Russie et l’Ukraine. Une trêve que les deux belligérants n’avaient pas négociée et dont ils n’avaient pas connaissance. Elle n’a, de ce fait, jamais été respectée.






















