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Primaire à gauche en France: Raphaël Glucksmann élu dès le premier tour
L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a largement remporté dimanche la primaire de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle en France. Il promet de rassembler alors qu’il refuse toute coopération avec La France insoumise.
Primaire à gauche en France: Raphaël Glucksmann élu dès le premier tour
Raphaël Glucksmann, lors de l'annonce de sa victoire à la primaire dimanche 11 octobre

Le dirigeant du parti Place publique a rassemblé plus de 66 % des voix dès le premier tour d’une élection primaire qui a réuni 120 787 votants, loin devant ses concurrents, parmi lesquels figuraient le chef du Parti socialiste, Olivier Faure, et l’ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal.

Dans son premier discours après les résultats, l’eurodéputé de 46 ans s’est présenté comme "le candidat de la gauche démocratique" qui "pourra battre notre ennemi de toujours, l’extrême droite".

"Ma première responsabilité, c’est de rassembler, rassembler toute la famille socialiste, rassembler ensuite toute la famille de la gauche démocratique (...) Notre véritable adversaire, c’est l’extrême droite et nous allons nous unir pour partir au combat et empêcher les trumpistes, les poutinistes, les xénophobes et les démagogues de s’emparer de la République", a-t-il affirmé.

Invité du journal télévisé de la chaîne publique France 2, le candidat a savouré sa large victoire, alors que beaucoup lui promettaient qu’il allait "(se) noyer dans cette bataille".

"La gauche démocratique est de retour et elle va gagner l’élection présidentielle", a-t-il promis, lançant un appel en direction de "tous les citoyens écologistes, humanistes qui regardent la catastrophe arriver et qui sont saisis d’effroi".

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Cette victoire est à nuancer, car la primaire de 2011, qui a mené François Hollande à l’Élysée, avait vu près de 3 millions de militants voter. Cette année, le nombre de votants est quasi anecdotique pour un grand parti.

Un candidat centriste pour une gauche en quête de sens

L’ancien président socialiste François Hollande a également été appelé à rejoindre cette dynamique. Il a félicité le candidat, selon son entourage : "Il est le bienvenu dans cette dynamique", a-t-il souligné.

Les sondages pour la présidentielle des 18 avril et 2 mai le créditent actuellement de 10 à 12 % des intentions de vote, loin derrière la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, donnée grande favorite, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe (centre droit), et le chef de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon.

Politicien atypique, intellectuel défenseur des droits de l’homme, de l’Europe et de l’Ukraine, Raphaël Glucksmann a émergé ces dernières années dans le paysage de la gauche modérée française.

C’est depuis le Parlement européen, où il est élu depuis 2019, qu’il a construit son ambition présidentielle. Par deux fois, il a mené une liste commune entre son petit parti Place publique, dont il a été l’un des fondateurs en 2018, et le Parti socialiste aux élections européennes.

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"Hors-sol"

Ses contempteurs lui reprochent d’être "trop parisien" ou "hors-sol". Cet essayiste nourri d’internationalisme rappelle son expérience comme documentariste sur le génocide des Tutsi au Rwanda, puis sur la révolution orange en Ukraine en 2004, ou comme conseiller de l’ancien président géorgien Mikheïl Saakachvili de 2008 à 2012.

"Ma parole et ma vision du monde ne se sont pas forgées à Davos ou Washington, mais dans des lieux dont je ne sais si vous pouvez soupçonner la désolation", rétorque l’eurodéputé, fils du philosophe André Glucksmann.

Il a multiplié les déplacements dans les régions françaises pendant l’été et revendique un projet ancré à gauche, cherchant à concilier transition écologique et progrès social.

Mais il exclut farouchement toute alliance avec le parti de la gauche radicale La France insoumise (LFI). Il a qualifié en mars Jean-Luc Mélenchon de "Jean-Marie Le Pen de notre époque", en référence au fondateur du parti d’extrême droite française.

Raphaël Glucksmann a soutenu la guerre menée par Israël à Gaza jusqu’au bout, émettant quelques critiques lorsque le génocide a été avéré.

Lors des débats de la primaire, il a refusé, tout comme Jérôme Guedj, autre candidat, de prononcer le mot "génocide". Ce candidat de gauche est clairement un soutien d’Israël.

Grand-père espion

Il s’est imposé ces derniers mois dans un espace social-démocrate en panne d’incarnation et très divisé.

L’Europe, c’est "le combat de ma vie", répète à l’envi l’eurodéputé au regard parfois exalté, qui s’est fait connaître à Bruxelles pour son combat en faveur de la défense des Ouïghours, minorité musulmane persécutée en Chine, et pour sa fermeté vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine.

Son grand-père, Rubin Glucksmann, né dans l’actuelle Ukraine, avait été espion soviétique en Allemagne avant de fuir en France à l’arrivée au pouvoir des nazis.

Ardent défenseur de l’Ukraine de Volodymyr Zelensky, il est critiqué, notamment par LFI, pour son compagnonnage passé avec Mikheïl Saakachvili, aux idées libérales et aujourd’hui poursuivi par la justice.

En Géorgie, Raphaël Glucksmann avait rencontré la mère de son premier fils, Eka Zgouladze, une ancienne ministre.

Aujourd’hui, il forme avec la journaliste vedette Léa Salamé l’un des couples les plus en vue de la scène politico-médiatique.

SOURCE:TRT français et agences