Cette fois, c’est la police qui porte plainte. Le syndicat Alliance s’insurge contre les injonctions contradictoires entre les consignes de la hiérarchie et les déclarations des responsables politiques. "Entre les déclarations publiques de Laurent Nuñez", le ministre de l’Intérieur, "et les consignes verbales transmises par la hiérarchie, la dissonance est devenue insupportable!", déplore le syndicat, composé majoritairement de gardiens de la paix et de policiers adjoints (agents contractuels).
"Sur le terrain, la réalité est tout autre: des policiers esseulés, trahis, abandonnés, exposés à la violence et livrés à la vindicte", a dénoncé Alliance.
Le syndicat conclut que "les policiers ne seront ni les boucliers d’une communication politique, ni les fusibles d’une administration qui refuse d’assumer ses décisions".
Si Alliance est l’un des principaux syndicats de police, il est aussi proche de l’extrême droite. Lors des manifestations organisées par Alliance, comme celle du 31 janvier 2026, des personnalités politiques de droite et d’extrême droite, telles que Marion Maréchal, Sarah Knafo, Éric Ciotti ou Thierry Mariani, ont publiquement participé au mouvement ou l’ont soutenu.

36 enquêtes en cours sur des policiers
La gestion par les forces de l’ordre du mouvement de contestation des lycéens, qui a débuté à la mi-septembre, est très critiquée. Trente-six enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) concernant des interventions policières au cours desquelles des jeunes ont été blessés, parfois gravement.
L’image de la police s’est passablement détériorée ces dernières semaines, notamment après qu’un jeune garçon a perdu une main à Lens et que deux adolescents ont été éborgnés en région parisienne et à Tours. Les lycéens ont dénoncé les violences policières lors des opérations visant initialement à mettre fin aux blocages de lycées, y compris pacifiques. On a pu entendre: "On veut étudier pour ne pas devenir policier".
Des vidéos choquantes ont également circulé, notamment celle d’une jeune fille emmenée de force au moyen d’une clé d’étranglement, un geste interdit, ainsi que celle d’un adolescent matraqué alors qu’il était à terre.
Selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, 937 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début de la mobilisation des lycéens. Le ministère de l’Intérieur n’a toutefois donné aucune précision sur la nature de ces blessures.




















