Le parquet antiterroriste français a requis mercredi le placement en détention provisoire du collégien âgé de 14 ans qui a blessé par balles un principal et une enseignante à Aubagne (sud), après avoir admis "avoir été influencé" par une mouvance fascinée par les tueries de masse.
Une information judiciaire a été ouverte mercredi pour tentatives d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste criminelle, port et transport sans motif légitime d’armes. L’enquête a été confiée à trois juges d’instruction.
L’adolescent reconnaît les faits qui se sont produits lundi matin dans l’enceinte d’un collège de la ville d’Aubagne, située à proximité de Marseille, mais assure ne pas avoir "voulu tuer", selon le parquet.
Il est soupçonné d’avoir été séduit par une mouvance fascinée par les tueries de masse, avec sa "probable adhésion à la True Crime Community (TCC)", indique le Parquet national antiterroriste (Pnat). C’est la première fois que le lien est fait directement en France par la justice antiterroriste entre un passage à l’acte et une “adhésion à la True Crime Community”, un réseau en ligne glorifiant les tueurs de masse.
La TCC "est un réseau virtuel, fondé sur le partage de podcasts, articles, sites internet, réseaux sociaux alternatifs et publications, dont les membres sont fascinés par des meurtres et leurs auteurs", analyse le Pnat. "Par une glorification de la violence extrême comme vecteur de lutte contre les difficultés personnelles, la TCC promeut le passage à l’acte par imitation".
L’adolescent parle de harcèlement
L’adolescent "admet avoir été influencé" par cette "communauté", mais il dément "avoir inscrit son action au nom de la TCC", rapporte le Pnat. Il invoque plutôt une "volonté de vengeance, en raison d’un harcèlement des professeurs et de ses camarades".
C’est la première fois que la justice antiterroriste fait le lien en France entre un passage à l’acte et ce type de profil de fans de tueries de masse, phénomène né en Amérique du Nord.
D’après le récit des procureurs, le jeune a pénétré lundi dans son collège Lakanal "intégralement vêtu de noir et ganté". Dans un étui à guitare, il avait dissimulé une arme à feu, une écharpe, trois cagoules, trois polaires, un keffieh et un téléphone portable.
Il a d’abord blessé par balles le principal et une enseignante.
Puis, à l’étage, il a tiré au sol "devant une enseignante". Dans une autre classe, il a tiré "au-dessus" d’une professeure, "sans la blesser". L’attaque a pris fin grâce à l’intervention du conseiller principal d’éducation, qui est parvenu à le "désarmer".
"Cela aurait pu être un massacre", commente auprès de l’AFP une deuxième source proche du dossier. "Le jeune avait pris avec lui plusieurs munitions, dont du calibre 12, mais il a chargé au hasard son fusil et pris du plomb de chasse".
Selon l’une des sources proches du dossier, le père est un ancien militaire, détenteur d’armes et de munitions en tant que tireur sportif.
"C’est une famille qui n’a jamais fait parler d’elle".





















