Le président de la Commission de l'Union africaine (CUA), Moussa Faki Mahamat, s'adresse à la réunion du Conseil de paix et de sécurité de la session ministérielle extraordinaire sur le Soudan au siège de la Commission de l'Union africaine (CUA) à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 2 mai 2023. / Photo: Reuters (Reuters)

Le Conseil exécutif de l'Union africaine tient les 12 et 13 février sa 46e session ordinaire.

L'événement qui se déroule sous le thème Justice restitutive pour les Africains réunit les ministres des Affaires étrangères, les diplomates et les chefs des institutions de l'UA.

Ensuite, la 38e session ordinaire de l'Assemblée de l'UA est programmée pour les 15 et 16 février. À l'issue du sommet, un nouveau président de la Commission de l'UA sera désigné pour succéder au Tchadien Moussa Faki Mahamat, qui a atteint la limite des deux mandats pour cette fonction exécutive.

Trois candidats pour la Commission de l’UA

Trois candidats se disputent le poste tournant de plus haut représentant de l'organisation panafricaine, réservé cette fois à un représentant de l'Afrique de l'Est: le ministre des Affaires étrangères djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, le vétéran de l'opposition kényane Raila Odinga et l'ancien ministre des Affaires étrangères malgache Richard Randriamandrato.

"Il y a tellement de paramètres que c'est impossible de dire qui va remporter l'élection", a expliqué à l'AFP Benjamin Augé, chercheur au centre Afrique de l'Institut français des relations internationales (Ifri).

"De nombreux dirigeants africains ont promis publiquement de soutenir Raila Odinga mais en fin de compte, cela reste un vote secret", abonde Liesl Louw-Vaudran.

L'élection se fait à la majorité des deux tiers des États membres ayant le droit de vote, ce qui exclut six pays actuellement suspendus à la suite de coups d'État, comme le Gabon, le Mali ou le Niger.

La crise dans l’Est de la RDC

La crise dans l’est de la RDC devrait occuper une place majeure dans l’agenda des chefs d’État africains.

Du reste, une réunion informelle des chefs d'État du continent est prévue vendredi à cet effet, avant le sommet formel samedi et dimanche, a précisé Paschal Chem-Langhee, coordinateur chargé de la communication du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA.

Il n'a pas clarifié si le chef de l'Etat congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame y assisteraient ensemble en personne, ce qui serait une première depuis plusieurs mois.

Le président angolais João Lourenço, très impliqué depuis plusieurs années dans les tentatives de médiation entre la RDC et Rwanda, prendra ce week-end la présidence tournante de l'UA, un rôle honorifique.

Depuis la récente exacerbation du conflit, et alors que Kinshasa réclame en vain des sanctions internationales contre Kigali, les appels de la communauté internationale à une désescalade et à un cessez-le-feu se sont multipliés, certains pays et l'ONU demandant également le retrait des troupes rwandaises de l'est de la RDC.

L'UA a, elle aussi, demandé l'arrêt des combats, mais sans mentionner le Rwanda.

"Le risque que cette guerre pourrait se transformer en une confrontation entre plusieurs pays dans la région des Grands Lacs rappelant les horreurs des années 1990 est élevée", s'alarme dans un rapport l'International Crisis Group (ICG).

Dans l'est de la RDC, le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda a pris fin janvier le contrôle de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, avant de progresser dans la région voisine du Sud-Kivu. En face, l'armée congolaise est notamment soutenue par des troupes sud-africaines et burundaises.

Cette crise s'ajoute à une longue liste de défis à relever pour l'UA, une organisation siégeant à Addis Abeba représentant près de 1,5 milliard d'Africains et régulièrement critiquée pour son manque d'efficacité et ses prises de position timorées.

TRT Français et agences