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Le musée du génocide de Srebrenica, soutenu par la Türkiye, célèbre sa première année
Chaque année, le 11 juillet, la Bosnie-Herzégovine commémore le génocide de Srebrenica par des funérailles collectives organisées au Centre mémorial de Potocari, où les victimes nouvellement identifiées sont inhumées.
Le musée du génocide de Srebrenica, soutenu par la Türkiye, célèbre sa première année
Le Musée du génocide de Srebrenica est devenu l'un des principaux lieux de mémoire et d'éducation du Centre mémorial de Srebrenica-Potocari

Un an après son ouverture, le Musée du génocide de Srebrenica, soutenu par la Türkiye, est devenu l'un des principaux lieux de mémoire et d'éducation du Centre mémorial de Srebrenica-Potocari. Il préserve le souvenir de plus de 8 000 victimes bosniaques grâce à des objets authentiques, des témoignages de survivants et des expositions multimédias.

Le musée est installé dans l'ancienne usine de batteries de Potocari, où des milliers de Bosniaques avaient trouvé refuge après la chute de la zone de sécurité déclarée par l'ONU en juillet 1995. Il retrace chronologiquement le génocide à travers des effets personnels des victimes, des documents d'archives, des photographies, des témoignages audiovisuels et des installations immersives.

Inauguré à l'occasion du 30e anniversaire du génocide de Srebrenica, le musée est le fruit de plusieurs années de collecte d'archives et d'objets historiques.

Son exposition permanente retrace les événements ayant conduit au génocide, la chute de Srebrenica, les exécutions de masse, les recherches des personnes disparues ainsi que les décennies de lutte des familles pour retrouver et inhumer dignement les dépouilles de leurs proches.

Chaque année, le 11 juillet, la Bosnie-Herzégovine commémore le génocide de Srebrenica par des funérailles collectives organisées au Centre mémorial de Potocari, où les victimes nouvellement identifiées sont mises en terre.

Cette année, les restes de dix victimes récemment identifiées seront inhumés lors de cérémonies qui devraient rassembler des milliers de visiteurs venus de Bosnie-Herzégovine et de l'étranger.

En 2024, l'Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 11 juillet "Journée internationale de réflexion et de commémoration du génocide de Srebrenica de 1995", renforçant ainsi les efforts internationaux visant à préserver la mémoire des victimes.

Des objets qui parlent au-delà des mots

Parmi les pièces les plus marquantes du musée figure une collection de chaussures usées, réparées à de multiples reprises par leurs propriétaires pendant la guerre. Elles offrent aux visiteurs un aperçu saisissant du quotidien vécu sous le siège.

"Parfois, il suffit que les visiteurs voient ces chaussures pour comprendre une partie des souffrances endurées par les habitants de Srebrenica. Des détails comme ceux-ci parlent souvent plus fort que les mots", a déclaré Azir Osmanovic, conservateur du Centre mémorial de Srebrenica, à Anadolu.

Selon Osmanovic, la création du musée constitue l'une des étapes les plus importantes de l'histoire du centre mémorial.

"Nous avons consacré des années à préparer les collections d'archives et les collections muséales. Les réactions des visiteurs montrent que l'exposition présente ce qui s'est passé ici de manière digne et contemporaine. Surtout, le musée remplit une mission éducative", a-t-il expliqué.

L'enseignement du génocide de Srebrenica est devenu l'une des principales priorités du centre ces dernières années. Dans ce cadre, le complexe mémoriel accueille actuellement sa troisième École internationale d'été, qui réunit 35 étudiants venus d'une vingtaine de pays.

"Nous voulons que les visiteurs quittent Srebrenica avec des connaissances et une compréhension plus profonde de ce qui s'est passé ici. C'est l'une des missions essentielles du centre", a ajouté Osmanovic.

Chaque jour, des centaines de visiteurs parcourent le complexe, dont le Musée du génocide de Srebrenica constitue une étape incontournable.

Les visiteurs repartent profondément marqués

Edin Topcic, enseignant retraité qui a longtemps accompagné des lycéens à Srebrenica, estime que le musée a considérablement enrichi l'expérience des visiteurs.

"La dernière fois que je suis venu ici, c'était il y a trois ans avec mes élèves. Aujourd'hui, les progrès sont évidents. Tout a été réalisé avec un grand soin et un profond sens des responsabilités. Le musée représente une avancée majeure pour l'ensemble du centre mémorial", a-t-il déclaré.

Ayse Batir, venue pour la première fois en Bosnie-Herzégovine avec sa famille depuis la ville turque de Bursa, affirme que le musée l'a profondément marquée.

"Les effets sonores, les dessins d'enfants, les vidéos et les témoignages des survivants m'ont donné l'impression de vivre moi-même une partie de ce qui s'est passé ici", a-t-elle confié. "J'espère qu'il n'y aura plus jamais de guerre. Je suis convaincue que les générations futures pourront énormément apprendre dans ce lieu."

Le projet du musée a été lancé en 2021 sous le patronage du président turc Recep Tayyip Erdogan et a été intégralement financé par l'agence turque de coopération et de coordination (TIKA).

SOURCE:TRT français et agences