Invité de l’émission “Bonjour ! La Matinale TF1”, le chef de la diplomatie française a affirmé que l’Iran portait la responsabilité de la dégradation de la situation sécuritaire actuelle.
“L'Iran a violé l'accord qui a été trouvé avec les États-Unis, violé aussi le droit international en s'en prenant à des navires qui circulaient à l'extérieur des eaux iraniennes. Donc il est le responsable de cette situation”, a-t-il déclaré.
Selon Jean-Noël Barrot, cette escalade a conduit à un cycle de représailles qui doit désormais prendre fin afin de permettre le respect des engagements pris par les deux parties.
“Il s'en est suivi un cycle de représailles qui doit cesser pour que, dans ces soixante jours que les deux parties se sont donnés, les engagements soient tenus, que le détroit d'Ormuz soit rouvert, que les hostilités cessent et que s'engage enfin cette négociation dont nous avons besoin pour encadrer strictement le programme nucléaire iranien”, a-t-il ajouté.

Le ministre français a également appelé “au calme et à la reprise des discussions”, estimant que les frappes américaines constituaient une réponse à ce qu’il a qualifié de violation des engagements iraniens et du droit international.
Interrogé sur les déclarations récentes du président américain Donald Trump, Jean-Noël Barrot a relativisé leur portée, rappelant que le locataire de la Maison-Blanche avait exprimé, lors du sommet de l’OTAN organisé à Ankara, sa volonté de poursuivre les discussions avec Téhéran.
“Ce n'est pas la première fois qu'on entend le président des États-Unis tenir ce genre de propos”, a déclaré le ministre, soulignant que Donald Trump avait réaffirmé son intention de maintenir ouverts les canaux diplomatiques.
Jean-Noël Barrot a par ailleurs insisté sur les conséquences économiques du conflit pour les populations concernées ainsi que pour les partenaires occidentaux.
“Cette guerre n'a fait que des perdants, à commencer par le peuple iranien, mais aussi les Américains, du fait de l'augmentation du prix de l'essence”, a-t-il affirmé.
“Et nous aussi, car nous n'avons aucune intention de continuer à payer le prix de guerres qui ne sont pas les nôtres”, a-t-il ajouté.
Concernant la situation militaire dans le Golfe, le ministre a exclu tout changement de cap du porte-avions français Charles de Gaulle, actuellement en route vers son port d’attache à Toulon.
Il a toutefois rappelé la disponibilité de la France à contribuer à la sécurisation du détroit d’Ormuz.
“Le président de la République a marqué la disposition de la France à participer avec ses moyens militaires à la sécurisation du détroit d'Ormuz par des opérations de déminage”, a indiqué Jean-Noël Barrot.
Une voie alternative par la Syrie ?
Évoquant les risques d’une nouvelle hausse des prix de l’énergie, le ministre français a réaffirmé l’opposition de Paris à toute entrave à la libre circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.
“Nous sommes opposés radicalement à toute forme d'entrave, de péage ou de chantage dans le détroit d'Ormuz et dans tous les détroits du monde”, a-t-il déclaré.
Selon lui, les tensions militaires récentes ont alimenté les inquiétudes des marchés et renforcé la nécessité d’une désescalade rapide.
Interrogé sur les perspectives économiques offertes par la Syrie, à la suite de la récente visite d’État effectuée à Damas par le président Emmanuel Macron et lui-même, Jean-Noël Barrot a estimé que le pays pourrait devenir à terme un carrefour régional des échanges.
“Parmi tous les efforts que nous avons déployés depuis le début de cette crise, il y a aussi l'idée de préparer des voies alternatives pour que nous ne soyons pas dépendants de blocages ici ou là”, a-t-il expliqué.
Le ministre a considéré que la Syrie, après la chute du régime de Bachar al-Assad, était engagée dans un processus de reconstruction susceptible de renforcer son rôle économique régional.
“La Syrie est en train de se réunifier, de se renforcer et de devenir potentiellement un carrefour pour les échanges économiques, que ce soit dans le domaine de l'énergie, mais aussi dans le transfert des données”, a-t-il déclaré.
Selon Jean-Noël Barrot, ce message figurait parmi les principaux objectifs de la visite effectuée récemment par la délégation française à Damas.





















