Est-ce une fissure dans le bloc qui s'oppose actuellement à Gianni Infantino ? À contre-courant de l'UEFA, de la CONCACAF et, dans une moindre mesure, de l'AFC, la Confédération africaine de football (CAF) a appelé ses associations membres à "examiner" le projet de la FIFA visant à créer une société commerciale ouverte aux investisseurs privés et "à participer au processus de consultation" lancé par l'instance mondiale du football.
"Le président de la CAF, Dr Patrice Motsepe, tiendra une réunion du comité exécutif de la CAF la semaine prochaine afin, entre autres, d'examiner et d'évaluer l'initiative proposée, FIFA Forward Enterprise", a indiqué la Confédération africaine de football dans un communiqué publié mercredi soir. Forte de ses 54 membres, la CAF dispose d'un poids important susceptible de faire pencher la balance. Proche de Gianni Infantino, Patrice Motsepe, le président de la CAF, fait partie des soutiens indéfectibles du patron de la FIFA.
Dévoilé mardi, le projet de la FIFA prévoit la création d'une société, FIFA Forward Enterprise (FFE), chargée de gérer ses activités commerciales — diffusion, sponsoring, billetterie et octroi de licences — et événementielles — Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, etc.
Des investisseurs privés pourront en posséder des parts, mais resteront minoritaires, a promis l'instance, qui espère lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars sur la base d'une évaluation de la FFE à 20 milliards de dollars. Si le projet voit le jour, chacune des 211 fédérations membres de la FIFA pourrait recevoir une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027 et verrait sa dotation passer de 8 à 20 millions de dollars pour la période 2027-2030.
Un projet controversé
Mais ce projet, présenté mercredi par le président de la FIFA, Gianni Infantino, comme une "occasion en or de dynamiser le développement du sport à l'échelle mondiale", a essuyé de nombreuses critiques, notamment de la part de l'UEFA, des principales fédérations européennes et de l'Union européenne, qui y voient un nouvel exemple de marchandisation du sport, sur fond de soupçons de conflits d'intérêts.
Les confédérations nord-américaine (CONCACAF) et asiatique (AFC) ont regretté que ce projet ait été rendu public sans que les 211 fédérations membres de la FIFA aient été consultées au préalable.
De son côté, la CAF se dit "engagée à poursuivre les consultations (...) afin de soutenir l'augmentation des ressources financières et autres destinées au développement et à la croissance du football en Afrique et dans le monde".
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