Le Burkina Faso fait un pas de plus dans l’appropriation de l’exploitation de ses minerais.
L’exploitation de la mine d’or de Bouboulou est désormais confiée à SOPAMIB Bouboulou SA, filiale de la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB).
Une première dans le pays. La SOPAMIB est une société d’État. Par le passé, l’État du Burkina Faso prenait des participations dans des sociétés privées. Ce positionnement prolonge une série d’initiatives remontant à 2025, dans la logique de l’appropriation de l’exploitation des ressources aurifères.
En 2024, Ouagadougou s’est endetté à hauteur de 45,7 millions d’euros auprès de la Banque ouest-africaine de développement pour racheter les mines d’or de Boungou et de Wahgnion à Lilium Mining, alors détenue par l’homme d’affaires américano-burkinabè Simon Tiemtoré.
Avant cette initiative, l’État du Burkina Faso a porté sa participation à 40 % dans la mine d’or de Kiaka, l’une des plus importantes du pays. Selon les prévisions, cette mine devrait produire 234 000 onces d’or sur une durée de vie de 20 ans.
L’infrastructure de l’exploitation des mines
Pour asseoir son contrôle sur ses ressources, Ouagadougou s’appuie sur trois organes. Outre la SOPAMIB, dédiée à la prise de participations dans les diverses mines du pays, il y a aussi la SONAPS. La Société nationale des substances précieuses est chargée de l’exploitation, de la transformation et de la commercialisation des minerais.
La future raffinerie d’or complétera ce dispositif d’exploitation des ressources aurifères du Burkina Faso. Cette infrastructure de 15 millions de dollars vise à traiter la quasi-totalité de la production nationale afin de conserver la valeur ajoutée sur place et de renforcer la souveraineté économique du pays, précise Africa Intelligence.
Du reste, le nouveau code minier adopté en 2024 renforce les prérogatives de l’État, avec une participation minimale de 30 % et un droit de préemption en cas de cession d’actions. Les industriels ont aussi l’obligation de valoriser ou de transformer l’or sur le territoire national.
En 2025, le secteur aurifère burkinabè a produit 94 tonnes d’or, un record. Il constitue le principal moteur de l’économie du pays. Il contribue à environ 20 % des recettes fiscales, à 15 % du produit intérieur brut (PIB) et à 80 % de la valeur des exportations, selon les données officielles.
La mine d’or de Bouboulou recèle des réserves estimées à 10,77 millions de tonnes de minerai brut. La production totale projetée est de 7,27 tonnes d’or sur une durée d’exploitation de 15 ans, selon les autorités burkinabè.
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