L’interdiction des signes religieux pour les élus du canton et des communes genevoises a été approuvée par plus de 51 % de la population le 14 juin dernier. Des élus écologistes avaient déposé un recours avant cette votation, mais cette fois, c’est un élu protestant qui saisit la justice.
Si l’élu à l’origine de cette proposition de loi visait spécifiquement les élues musulmanes, le texte adopté, rédigé de manière générale, s’applique de facto à tous les signes religieux, qu’il s’agisse de la kippa, de la croix ou du voile.
Cet élu municipal protestant estime que l'interdiction approuvée par la population genevoise porte atteinte à ses libertés individuelles, puisqu'il porte parfois une croix. Il a donc déposé mercredi un recours devant la Chambre constitutionnelle de la Cour de justice de Genève.
Son avocat a rappelé sur la Radio Télévision Suisse que la Cour constitutionnelle genevoise avait déjà invalidé une telle loi en 2019. Il a cité les conclusions de l’époque : "Les députés ne représentent pas l'État, ils représentent les citoyens et citoyennes qui les ont élus." Il ajoute : "On ne peut pas, même si c'est une atteinte qui est faible, leur interdire de manifester leur appartenance religieuse."

Genève interdit les signes religieux par 2 fois
Le canton ne compte que deux femmes voilées élues dans des conseils municipaux et aucune au niveau cantonal.
Cette loi a été portée par Stéphane Florey, élu de l’UDC (Union démocratique du centre), parti situé à l’extrême droite. Celui-ci rappelle que la population genevoise a déjà, à deux reprises, approuvé l’interdiction des signes religieux pour les élus. Selon lui, cette affaire devra être portée au niveau fédéral afin de clarifier une bonne fois pour toutes si cette interdiction peut être appliquée.






















