Le nombre de naissances a de nouveau reculé en France au premier semestre 2026, mais à un rythme moins soutenu que ces dernières années, selon les données provisoires publiées ce jeudi par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Entre janvier et juin, 313 931 bébés sont nés dans l'Hexagone, contre 317 583 au premier semestre 2025, soit une baisse de 1,1 % du nombre quotidien moyen de naissances. Sur le seul mois de juin, le recul atteint 0,7 % sur un an.
La diminution ralentit après des baisses annuelles de 6,6 % en 2023, de 2,8 % en 2024 et de 2,3 % en 2025. Elle pourrait néanmoins conduire à environ 635 000 naissances sur l'ensemble de 2026, soit un cinquième niveau historiquement bas consécutif depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Un recul presque généralisé
La baisse concerne la majorité des régions. Parmi les territoires comptant le plus de naissances, leur nombre est resté stable en Auvergne-Rhône-Alpes, tandis qu'il a reculé de 1 % dans les Hauts-de-France et de 0,7 % en Île-de-France.
La Corse, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et Mayotte n'ont pas non plus enregistré de baisse au premier semestre.
Cette évolution prolonge une tendance de fond. En 2025, 644 000 bébés sont nés en France, soit près d'un quart de moins qu'en 2010, année du dernier pic.
Des projets familiaux différés
Les difficultés à trouver un emploi stable ou un logement adapté, les incertitudes économiques et les inquiétudes liées au changement climatique figurent parmi les facteurs susceptibles de conduire les ménages à reporter ou à abandonner un projet d'enfant.
Une étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined) avait également révélé en 2025 un recul marqué du désir d'enfant en France au cours des vingt dernières années.
Pour l'économiste Maxime Sbaihi, auteur de l'essai Les Balançoires vides, une reprise devient d'autant plus difficile que la baisse se prolonge : moins de naissances aujourd'hui signifie aussi moins de parents potentiels à l'avenir.
La France reste toutefois éloignée des niveaux observés dans certains pays comme la Corée du Sud, où la fécondité atteignait 0,8 enfant par femme en 2025. L'indicateur français s'établissait à 1,61 enfant par femme en 2024, le deuxième plus élevé de l'Union européenne, mais restait inférieur au seuil de renouvellement des générations, fixé autour de 2,1.
Un solde naturel dans le rouge
Parallèlement, le nombre de décès augmente avec l'arrivée des générations du baby-boom aux âges de forte mortalité. La France a ainsi enregistré en 2025 son premier solde naturel négatif depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec davantage de décès que de naissances. Ce déficit devrait encore s'accentuer en 2026.
Face aux inquiétudes concernant le vieillissement de la population et le financement de la protection sociale, le président Emmanuel Macron avait appelé à un "réarmement démographique".
Depuis juillet, chaque parent peut bénéficier d'un nouveau congé de naissance indemnisé allant jusqu'à deux mois. Cette mesure a été favorablement accueillie par les experts, mais jugée insuffisante pour inverser une tendance durablement installée.
Lire aussi: France: l’inquiétude monte face à la baisse de la natalité




















