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France: Amnesty International dénonce l’usage de la force contre des lycéens
Malgré la fermeture de 400 lycées et les nombreuses interpellations, le mouvement de lycéens continue. Amnesty International dénonce la violence des forces de l’ordre. Plusieurs adolescents ayant été blessés.
France: Amnesty International dénonce l’usage de la force contre des lycéens
564 lycées sont bloqués ou les cours perturbés ce vendredi

Le ministre de l’Éducation qui a reçu aujourd’hui les syndicats de l’Éducation nationale et les associations de lycéens et de parents d’élèves n’a pas convaincu, semble-t-il. Le Snes-FSU déplore qu’"aucune garantie" n’ait été apportée à leurs revendications. Le syndicat enseignant appelle à la grève mardi "en soutien des revendications des lycéens".

Sur le terrain, les blocages continuent et sont parfois violents. À Meaux (Seine-et-Marne), l’entrée du lycée Henri-Moissan est en flammes. Selon le ministère de l’Éducation à la mi-journée, 564 établissements font l’objet d’actions ou de perturbations depuis le début de la journée.

Amnesty International France critique, elle, la stratégie de "fermeté" choisie par le gouvernement. L’ONG dénonce le recours à la force lors des interventions des forces de l’ordre pendant les blocages et mobilisations de lycéens, faisant état de plusieurs adolescents blessés.

Dans une série de publications sur le réseau social X, l’organisation a notamment évoqué le cas d’un lycéen de 14 ans grièvement blessé le 28 septembre à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, après avoir été touché à la mâchoire par un projectile tiré à très courte distance avec un lance-grenades.

L’adolescent, qui a perdu plusieurs dents, a été hospitalisé à Pontoise. Deux enquêtes ont été ouvertes, dont l’une concernant l’utilisation du lance-grenades, tandis que le Défenseur des droits s’est saisi de l’affaire.

Amnesty France a également signalé le cas d’une adolescente de 14 ans qui a été saisie violemment au cou par un policier devant son lycée à Alençon, le 29 septembre. Et rappelle que les techniques d’étranglement en maintien de l’ordre sont interdites.

L’organisation a par ailleurs évoqué le cas d’un lycéen blessé à l’œil à Tours lors du blocage de son établissement, le 30 septembre. Le parquet a indiqué que les lésions constatées étaient compatibles avec un tir de lanceur de balles de défense (LBD), sans établir à ce stade l’origine exacte de la blessure. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé l’ouverture de trois enquêtes de l’IGPN concernant des adolescents blessés au cours des mobilisations.

"On veut passer le bac, ils nous envoient la bac"

L’usage de LBD, de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, les violences de la police ont été critiqués. Dans plusieurs lycées, les enseignants se sont placés entre la police et les lycéens pour les protéger. Des élus locaux ou nationaux ont également fait de même.

Sur certains blocages, on a pu lire ce slogan : "on veut passer le bac, ils nous envoient la BAC", la BAC étant la brigade anti-criminalité.

Amnesty International France a souligné que, même en cas de violences commises par certains manifestants ou lors d’interpellations, l’usage de la force devait rester proportionné.

"Soyons clairs : depuis le début des blocus, il y a aussi eu des violences de la part de certains manifestants. Elles ne sont pas acceptables", a indiqué l’organisation, ajoutant que, même dans ces situations, le recours à la force devait respecter le principe de proportionnalité.

Amnesty estime également que les lance-grenades ne doivent jamais être utilisés en tir direct contre des personnes et a renouvelé son appel à suspendre l’utilisation du LBD 40 lors des manifestations.

L’organisation a en outre rappelé que les lycéens, y compris mineurs, disposent du droit de manifester pacifiquement et a appelé les autorités à privilégier "le dialogue et la désescalade".

Le gouvernement dénonce une montée des violences

De son côté, le gouvernement a fait état de violences aux abords de plusieurs établissements, notamment des dégradations, des incendies, des tirs de mortiers d’artifice et des affrontements avec les forces de l’ordre.

Matignon a dénoncé jeudi une "bascule de violence".

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a également fait état de 235 blessés depuis lundi dans les établissements scolaires, dont 170 élèves et 65 membres du personnel.

Laurent Nuñez a demandé aux forces de sécurité de rétablir l’ordre lorsque cela était nécessaire, tout en rappelant l’exigence de proportionnalité dans leur intervention.

Le ministère de la Justice faisait pour sa part état, jeudi soir, de 1 793 gardes à vue depuis lundi.

Le mouvement s’est également étendu aux universités. L’Union étudiante affirme qu’une trentaine de campus ont été bloqués, un chiffre qui n’a pas été confirmé par les autorités.

Née de revendications portant notamment sur le manque d’enseignants et de personnels, l’état des établissements et les conditions de scolarité, la mobilisation lycéenne s’est progressivement étendue à plusieurs régions du pays.

SOURCE:TRT français et agences