Les réactions de l'extrême droite française, les unes aussi virulentes que les autres, se succèdent au lendemain de la publication, par le site d’investigation Mediapart, des propos antisémites attribués à Jordan Bardella, le président du Rassemblement National (RN).
Mediapart a publié lundi une enquête s'appuyant sur des conversations privées, qu'il dit avoir authentifiées, qui auraient été écrites par Jordan Bardella à l'été 2013, alors qu'il avait entre 17 et 18 ans et était jeune membre du Front national (ancien nom du RN).
"Les banques sont toutes détenues par des Juifs" ; "Le juif doit dominer (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur", aurait notamment écrit le futur dirigeant, qui avait rejoint le parti d'extrême droite un an et demi plus tôt.
Après avoir nié lundi avoir rédigé ces écrits et annoncé une plainte en diffamation, Jordan Bardella a affirmé mardi que ces accusations marquaient les "prémices d'une guerre totale" contre le RN et une "tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle" du parti, lors d'une réunion du groupe parlementaire d'extrême droite avec Marine Le Pen à ses côtés.
"On ne va pas se laisser faire", a lancé la candidate, disant sa "confiance absolue" dans celui qui doit devenir son Premier ministre en cas de victoire à la présidentielle des 18 avril et 2 mai.
Le député du RN Jean-Philippe Tanguy a, pour sa part, accusé sur LCI "la racaille antisémite" purgée par Marine Le Pen à son arrivée à la tête du FN en 2011 d’avoir divulgué à Mediapart des messages antisémites de Jordan Bardella dont il a, par ailleurs, nié la véracité. Ce proche de la candidate à la présidentielle a dénoncé une "force politique qui malheureusement, au début des années 2010, était nombreuse, bien organisée comme les trotskistes et qui a été combattue".
Selon un sondage publié lundi, elle emporterait l'élection présidentielle, quel que soit son adversaire au deuxième tour (avec 57 % des voix face au candidat de centre-droit et ex-Premier ministre Édouard Philippe, avec 69 % des voix face au chef de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon).
Mediapart dénonce la "violence sidérante" du RN et "les propos menaçants d’une grande gravité" de Marine Le Pen. "Évoquer les "prémices d’une guerre totale" comme l’a fait (…) Jordan Bardella " et parler "de "costard en Kevlar" comme l’a fait dans la foulée Marine Le Pen illustre la violence sidérante de cette extrême droite qui se prétend propre sur elle", a écrit Lénaïg Bredoux, codirectrice éditoriale de Mediapart.
Sur le réseau social X, la députée écologiste Léa Balage El Mariky a annoncé : " Le Kevlar, c’est la matière des gilets pare-balles. Je saisis (…) le procureur de la République pour ces propos qui ressemblent à des menaces de mort." Reporters sans frontières a dénoncé " les attaques verbales et les menaces physiques de Marine Le Pen visant le média et ses journalistes, ainsi que les intimidations contre
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