FRANCE
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Malgré ses flatteries envers Israël, des propos “antisémites” de Bardella refont surface
“Toutes les banques détenues par des juifs”, le Mossad présenté comme les véritables “architectes” du 11 septembre, fascination pour Dieudonné et Soral: les propos “antisémites” de Bardella le plongent dans un embarras dont il aura du mal à dépêtrer.
Malgré ses flatteries envers Israël, des propos “antisémites” de Bardella refont surface
“Toutes les banques détenues par des juifs” aurait affirmé Bardella, selon Mediapart

Le site d’investigation Mediapart a publié lundi une enquête dans laquelle il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national, plusieurs propos “antisémites” tenus dans des conversations privées.

Selon Mediapart, les échanges remontent notamment à l’été 2013, alors que Jordan Bardella avait 17 ans et était âgé de quelques semaines de sa majorité. Il avait rejoint le Front national environ un an et demi auparavant et deviendra, en 2014, responsable de la fédération du parti en Seine-Saint-Denis.

"Toutes les banques sont détenues par des juifs"

Mediapart affirme avoir retrouvé des dizaines de conversations écrites et indique les avoir fait authentifier de manière indépendante. Dans ces échanges, le jeune militant aurait notamment écrit que "toutes les banques sont détenues par des juifs" et affirmé que “sionisme et domination bancaire sont indissociables”.

Les écrits évoquent également un “Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël” et relaient des interrogations sur l'implication des services secrets israéliens, dans les attentats 11 septembre, qui seraient en réalité les véritables “architectes des attentats”.

Le média rapporte également des propos visant plusieurs personnalités publiques. Jordan Bardella aurait notamment évoqué l’ancien ministre de l’Économie Pierre Moscovici, affirmant que certains responsables politiques accorderaient davantage d’importance à Israël et aux intérêts bancaires qu’aux intérêts français.

Un message lui reproche notamment de vouloir “sauver les entreprises” pour “venger Moïse”.

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Dans d’autres échanges, il aurait également présenté l’humoriste Dieudonné, condamné à l’époque pour provocation à la haine, comme menant "un vrai combat d’idées". 

Mediapart évoque par ailleurs une influence des thèses d’Alain Soral dans l’environnement politique du jeune militant. Bardella aurait écrit au sujet d'Alain Soral que “ses analyses sont justes car tout se vérifie dans les faits”.

L'enquête soutient notamment que Bardellla s'est en partie politisé en “regardant des kilomètres de vidéos de Soral” et en lisant ses ouvrages, reprenant à son compte l’idée d'un complot sioniste mondial et d'une domination bancaire juive.

Le site d’investigation affirme que les échanges témoignent notamment de théories complotistes associant le sionisme à une domination bancaire et à un "Nouvel Ordre mondial" dominé par Israël.

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"Faux grossiers"

Sollicité avant la publication de l’enquête, Jordan Bardella a formellement contesté les accusations. Il affirme n’avoir jamais tenu, "en public comme en privé, par oral ou par écrit", de propos “racistes ou antisémites” de cette nature.

Le président du RN soutient également qu’il n’était pas un militant actif du Front national durant l’été 2013 et souligne qu’il était alors mineur. Il qualifie les éléments présentés par "Mediapart" de "faux grossiers" et dénonce une "opération de barbouzerie".

Après la publication de l’enquête, Jordan Bardella a réitéré son démenti sur les réseaux sociaux et annoncé son intention d’engager des poursuites. Son avocat a ensuite confirmé le dépôt d’une plainte en diffamation contre "Mediapart".

Marine Le Pen a également rejeté les accusations visant le président du RN. Interrogée lundi, elle a déclaré ne pas pouvoir croire aux éléments rapportés par le média et les a qualifiés de "faux" et de "barbouzerie".

De son côté, "Mediapart" maintient les informations publiées. Son cofondateur Edwy Plenel a affirmé que l’enquête était le résultat de plusieurs mois de travail et reposait sur des dizaines de conversations écrites dont le média dit avoir vérifié l’authenticité.

Les révélations de Mediapart interviennent alors que le Rassemblement national mène depuis plusieurs années une stratégie de “dédiabolisation” visant à rompre avec certaines prises de position historiques du Front national, notamment celles de son fondateur Jean-Marie Le Pen.

Jordan Bardella aujourd’hui président du RN et l’une des principales figures du parti, avait notamment été officiellement invité en Israël en 2025 à une conférence consacrée à la lutte contre l’antisémitisme, afin de poursuivre la stratégie de “dédiabolisation” et avoir une chance d’accéder au pouvoir.

SOURCE:TRT français et agences