Dans un entretien accordé dimanche à NBC, Abbas Araghchi a affirmé que l’Iran était “pleinement préparé” à une reprise de la guerre, tout en assurant que la voie diplomatique restait ouverte.
Les déclarations interviennent alors que Donald Trump rejette une proposition iranienne visant notamment à rouvrir le détroit d’Ormuz et n’exclut pas une reprise des frappes.
“Nous sommes prêts pour la diplomatie. Nous sommes prêts pour la guerre en même temps”, a lancé le chef de la diplomatie iranienne, estimant que la décision appartenait désormais au président américain Donald Trump.
Araghchi a également affirmé que Téhéran restait “ferme face à toute nouvelle agression, même si cela devait conduire à une guerre apocalyptique”. Il a assuré que l’Iran avait tiré les leçons des précédents affrontements et adapté ses tactiques militaires.

Une proposition iranienne sur le détroit d’Ormuz
Le ministre iranien a par ailleurs confirmé que Téhéran avait proposé un plan en sept jours prévoyant la réouverture du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce et les approvisionnements énergétiques mondiaux.
Selon Araghchi, l’Iran serait prêt à rouvrir le détroit si Washington prenait plusieurs mesures, notamment la fin de la guerre, la levée du blocus maritime, la libération d’avoirs iraniens gelés et la possibilité pour Téhéran de reprendre ses exportations de pétrole.
Il a indiqué que l’Iran pourrait rouvrir le détroit au sixième jour, avant une reprise des négociations sur un accord définitif le septième jour. Téhéran attend toutefois encore une réponse officielle américaine transmise par l’intermédiaire de médiateurs.
Donald Trump a publiquement rejeté la proposition iranienne, la qualifiant de tentative de négociation dans un contexte où, selon lui, Téhéran serait en difficulté. Un responsable américain a également qualifié l’offre iranienne de “cynique”.

Un manque de confiance
Le ministre iranien a expliqué que Téhéran avait peu de raisons de faire confiance à l’administration Trump, affirmant que les États-Unis avaient attaqué l’Iran à deux reprises alors que des négociations étaient en cours.
“Il y a toujours de l’espoir pour la diplomatie”, a-t-il néanmoins déclaré, estimant qu’il ne fallait “manquer aucune chance de paix”. Il a ajouté que l’Iran était disposé à négocier malgré sa profonde méfiance envers Washington.
Sur la question nucléaire, Araghchi a maintenu que l’enrichissement iranien poursuivait des objectifs pacifiques, notamment médicaux. Il a également indiqué que Téhéran était disposé à négocier sur ses stocks d’uranium enrichi à 60 %.
De son côté, Donald Trump a déclaré ces derniers jours que de nouvelles frappes contre l’Iran restaient possibles, tout en affirmant que la guerre pourrait prendre fin “très bientôt”. Le président américain a également déclaré que les États-Unis réalisaient, selon lui, des progrès sur les plans militaire et économique et qu’il estimait être proche de “gagner la guerre”.
Trump continue par ailleurs de présenter l’objectif d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire comme l’une des principales justifications de la campagne militaire américaine.
Les déclarations contradictoires des deux camps interviennent alors que les tensions restent fortes autour du détroit d’Ormuz et que les efforts diplomatiques se poursuivent par l’intermédiaire de plusieurs pays.



















