FRANCE
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En Espagne, Macron analyse la montée des "extrêmes" en Europe
Emmanuel Macron, le président français, a livré mardi à Madrid ses recettes pour répondre à la crise démocratique et à la montée des "extrêmes" en Europe. L’analyse d’un élu qui n’a pas réussi à stopper l’extrême droite en France.
En Espagne, Macron analyse la montée des "extrêmes" en Europe
Le couple Macron avec la famille royale espagnole

Le couple Macron est arrivé hier pour une visite d'État de deux jours en Espagne.

Dans l'immense cour pavée, le couple a été accueilli en tout début d'après-midi par le roi Felipe VI et la reine Letizia, au son de la fanfare militaire et de coups de canon, en présence également du Premier ministre socialiste, Pedro Sánchez.

Lors d'un débat à l'Université Complutense de Madrid, Emmanuel Macron a donné son analyse sur la "fatigue démocratique" en Europe. Celui qui avait promis, au soir de sa première élection en 2017, de "tout" faire pour que les Français "n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes", s'apprête à quitter le pouvoir, au printemps, sans avoir concrétisé cet engagement. Le Rassemblement national est plus fort que jamais.

Dans les sondages, la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen est favorite pour lui succéder en mai prochain, et les forces aux deux bouts de l'échiquier politique cumulent plus de 55 % des intentions de vote.

En Espagne aussi, le socialiste Pedro Sánchez, fragilisé par des affaires judiciaires et confronté à une grave crise du logement, est menacé à quelques mois des législatives par une hypothétique alliance entre la droite et l'extrême droite.

Selon Emmanuel Macron, cette crise démocratique a commencé avec la désindustrialisation car "on n'a plus tenu la promesse" d'une économie qui permettrait à tous de "vivre mieux".

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L’Europe en pleine crise d’identité

Cela s'est aggravé avec la "crise démographique" que les Européens ont rééquilibrée "par l'immigration", ce qui a "bousculé" le "consensus" dans leurs sociétés, a poursuivi le président français.

Ensuite, selon lui, les démocraties traversent une crise "d'efficacité", de par la complexité des processus de décision et la multiplication des contre-pouvoirs, "qui crée une fascination pour les régimes autoritaires". Cela a favorisé l'émergence de forces "démagogiques" et des "extrêmes", a estimé le président français, car elles proposent des solutions "beaucoup plus rapides" mais "simplistes".

Face à cette crise, décuplée selon lui par les réseaux sociaux et leurs algorithmes sans transparence, Emmanuel Macron a plaidé pour "reprendre le contrôle" de ces plateformes et de l'intelligence artificielle.

Ce thème est l'une des dernières batailles du chef de l'État, qui espère, avant de quitter le pouvoir en mai, interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, malgré les obstacles juridiques -- un objectif partagé par Pedro Sánchez, pour les moins de 16 ans.

"C'est une bataille européenne", a-t-il lancé dans l'amphithéâtre historique.

Un discours qui fait l’impasse sur son bilan au terme de deux quinquennats. Emmanuel Macron n’a pas réussi à réindustrialiser la France en ultralibéral qu’il est, il a laissé les marchés décider et de nombreuses enseignes et usines ont disparu. Hier, le chausseur historique André a été placé en liquidation judiciaire.

Il n’a pas non plus réussi son pari de bloquer la montée de l’extrême droite en intégrant dans ses gouvernements des ministres très à droite qui ont repris et appliqué les idées du RN.

L'Europe "trop lente"

En outre, l'Europe doit selon lui accepter une "simplification" drastique pour "retrouver de l'efficacité collective". Et "retrouver de la capacité à innover" en investissant massivement, "par un budget européen à la hauteur des enjeux et doté de nouvelles ressources propres".

Car le Vieux Continent, malgré un "réveil" depuis le Covid, la guerre en Ukraine et le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, est "trop lent" face à la Chine et aux États-Unis, "qui pour la première fois de leur histoire sont deux immenses puissances hostiles à l'idée européenne", a-t-il prévenu.

Mercredi, au dernier jour de cette première visite d'État d'un président français depuis celle de Nicolas Sarkozy en 2009, Emmanuel Macron et le roi Felipe VI doivent ouvrir dans la matinée un forum économique franco-espagnol.

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Le président s'entretiendra ensuite avec le Premier ministre espagnol, au palais de la Moncloa à la mi-journée, avant une conférence de presse commune.

Arrivés au pouvoir au même moment entre 2017 et 2018, le centriste Macron et le socialiste Sánchez n'ont jamais affiché une grande intimité, malgré un positionnement pro-européen similaire.

En pleines négociations au sein de l'Union européenne, le Français espère trouver un allié à Madrid face à l'opposition de plusieurs pays, dont l'Allemagne, à une trop forte augmentation de ce budget, et sur la possibilité de recourir à l'emprunt commun.

Légère ombre au tableau de cette visite : le Sénat espagnol, sous l'impulsion de la droite, a rejeté dans la soirée de mardi la ratification du traité d'amitié franco-espagnol que MM. Macron et Sánchez avaient paraphé en 2023 à Barcelone.

SOURCE:TRT français et agences