Cinq personnes qui étaient dans l’avion avec le médecin diagnostiqué positif à Ebola lors de son retour en France en provenance de Kinshasa sont considérées comme de possibles cas contacts. Elles ont été placées à l’isolement, a indiqué mercredi soir la ministre française de la Santé, Stéphanie Rist.
Sur le vol ramenant ce médecin humanitaire de République démocratique du Congo, "il y a cinq personnes qui sont considérées comme éventuellement contacts et, par précaution, elles ont été identifiées et placées en isolement", a expliqué la ministre sur la chaîne publique France 2, soulignant que le médecin ne présentait pas de symptômes quand il était monté dans l’avion arrivé mardi à Paris.
L’OMS rassure
Malgré l’identification d’un premier cas d’Ebola en France, le chef de l’OMS a estimé mercredi que le risque pour la santé publique dans le monde reste "faible" et a assuré qu’il n’y a "pas besoin de paniquer".
"Je ne pense pas qu’une réaction excessive soit justifiée ni nécessaire. Il n’y a pas besoin de paniquer", a assuré le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse au siège de l’organisation à Genève.
De précédents cas suspects, au Brésil ou en Italie, ont finalement été exclus ou non confirmés.
Malgré le cas en France, le niveau de risque au niveau mondial reste "faible", a répété M. Tedros, déplorant qu’il y ait en général "une réaction excessive (...) lorsqu’un cas est déclaré en Europe ou dans d’autres régions du monde en dehors de l’Afrique".
Il a rappelé que des milliers de cas d’Ebola ont été enregistrés sur le continent africain au cours des 50 dernières années, contre moins de 30 cas dans le reste du monde.
Ce cas en France "rappelle les risques auxquels sont exposés les intervenants de première ligne", a-t-il dit.
"Près de 80 professionnels de santé ont été infectés, ce qui met en évidence les risques auxquels ils sont exposés et l’importance de renforcer la prévention et la lutte contre les infections", a-t-il indiqué.
Le patient diagnostiqué positif à Ebola en France a une charge virale "très faible", a annoncé le ministère français de la Santé, précisant que des contacts étaient "en cours d’identification".
Ce médecin travaillant pour l’ONG humanitaire Alima est "arrivé à Paris" mardi, en provenance de Kinshasa, et "a immédiatement été pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable", a précisé le ministère.
La réactivité des autorités françaises
À Genève, Abdi Rahman Mahamud, directeur du programme d’alerte et de réponse d’urgence de l’OMS, a "salué la réactivité des autorités françaises qui ont mis en œuvre toutes les mesures recommandées".
L’épidémie, qui touche dans une moindre mesure l’Ouganda, met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique.
Selon les derniers chiffres officiels, 1 094 cas ont été recensés en RDC, dont 277 décès, soit un taux de létalité de 25 %, selon l’OMS.
L’organisation juge le niveau de risque pour la santé publique "très élevé" pour la RDC, "élevé" pour l’Ouganda ou les autres pays frontaliers de la RDC, et "faible" pour le reste de l’Afrique et du monde.
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