Dès l’annonce de la mort de la petite Lyhanna et la découverte de plaintes pour viol ou agression sexuelle non traitées concernant le principal suspect de cette affaire, le Premier ministre et le ministre de la Justice ont estimé que des dysfonctionnements individuels étaient à l'origine de ce drame.
Pour les deux membres du gouvernement, le manque chronique de moyens des magistrats et des enquêteurs n’explique pas les plaintes restées sans suite. Sans attendre le rapport, Gérald Darmanin a évoqué de possibles sanctions.
Des fautes individuelles, selon le rapport
Le rapport va dans le sens du Premier ministre et du ministre de la Justice. Il pointe ainsi des défaillances individuelles plutôt qu'un manque de moyens au sein du parquet d'Auch, saisi de l'affaire.
Stéphane Noël, chef de l'inspection générale de la Justice, conclu que "la procédure criminelle (...) n'a pas été traitée comme une procédure prioritaire, tant de la part du parquet d'Auch que de la compagnie de gendarmerie de Condom.”
Les inspecteurs qui ont enquêté se sont surtout penchés sur la plainte déposée l'été dernier en août 2025 près de Toulouse par la mère de Rosa, 10 ans. L'enfant accusait Jérôme Barella de plusieurs viols entre septembre 2024 et mai 2025.
Le dossier a mis un mois avant d’être envoyé au parquet d’Auch, parquet compétent puisque le suspect habite dans cette région. Mais les choix problématiques s’accumulent ensuite, le dossier est envoyé par voie postale et non pas par internet avec la boîte postale numérique dite pour les “procédures urgentes.” Le parquet d’Auch met un mois à enregistrer le courrier.
Durant neuf mois, le suspect n’a jamais été convoqué ni entendu, alors même que les gendarmes avaient conclu à la crédibilité des déclarations de la petite Rosa.
Le prochain pré-rapport sur l'affaire Lyhanna sera remis 10 juillet, le rapport définitif le 5 septembre. Ce premier pré-rapport sera consultable dans les prochaines heures sur le site du ministère de la Justice.
Mais il faut rappeler qu’un précédent rapport de l'Inspection générale de la justice, commandé par ce même Gérald Darmanin lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, évoquait dès 2023 un système judiciaire ankylosé, engorgé par des stocks de plaintes en souffrance, conduisant à l’impunité de délinquants souvent identifiés mais pas encore interrogés.
Ce document évoque précisément l’insuffisance des moyens humains et informatiques des parquets.
Des appels à manifester ce lundi soir devant les tribunaux de France ont à nouveau été lancé par les associations de défense des enfants ou de la famille.





















