La mobilisation, organisée à l’appel de plusieurs associations environnementales, s’est tenue devant le palais de justice de Lyon. Elle s’inscrit dans un appel national lancé par le collectif Générations futures, qui a organisé des rassemblements dans plusieurs villes françaises.
Les manifestants dénoncent notamment la réintroduction de deux insecticides interdits en France, mais autorisés au niveau européen. Cette mesure, introduite par le Sénat dans le projet de loi, est prévue à titre dérogatoire pour certaines filières agricoles confrontées à des difficultés.
La disposition avait déjà figuré dans la loi dite Duplomb, dont certaines mesures avaient été censurées par le Conseil constitutionnel en 2025. Une pétition contre ce texte avait alors recueilli plus de deux millions de signatures.
Le projet de loi prévoit également d'augmenter les capacités de stockage d'eau destinées à l'agriculture. Le texte issu de la commission mixte paritaire fixe notamment un objectif de doublement des volumes stockés à des fins agricoles d'ici 2035.
Les associations environnementales dénoncent le développement de retenues d'eau de type “méga-bassines”, qu'elles accusent d'aggraver les tensions liées au partage de la ressource.
Le texte est également critiqué par plusieurs organisations écologistes et la Confédération paysanne, qui dénoncent un modèle agricole jugé trop productiviste et un recul des mesures de protection de l'environnement.
Le projet de loi d'urgence agricole vise notamment à répondre aux revendications exprimées par une partie du monde agricole depuis l'hiver 2024. Il comprend également des mesures relatives à la souveraineté alimentaire, à l'élevage et aux tirs de défense contre les attaques de loups visant les troupeaux.
Le texte doit être examiné par l'Assemblée nationale lundi, puis par le Sénat mardi prochain. Les groupes de gauche s'opposent à la réintroduction des insecticides, tandis que la droite y est favorable. Le groupe central est divisé sur cette disposition.





















