EUROPE
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Aide à mourir: quelle situation en Europe?
Alors que les députés français doivent voter la loi sur l'aide à mourir ce 15 juillet, quels sont les pays qui ont déjà une telle loi en Europe ?
Aide à mourir: quelle situation en Europe?
La proposition de loi sur le suicide assisté a échoué en avril 2026 au Parlement britannique, après un long blocage à la chambre des Lords

Tour d'horizon des pays européens qui autorisent ou envisagent l'euthanasie (mort provoquée par un soignant à la demande d'un malade) et/ou le suicide assisté (le malade prend un produit légalement prescrit pour mettre fin à ses jours). Le sujet est abordé différemment selon les pays.

Pays-Bas et Belgique: les pays pionniers

Aux Pays-Bas, l'euthanasie et le suicide assisté sont strictement encadrés depuis avril 2002 : un médecin et un expert indépendant doivent établir que le malade demandeur souffre d'une “souffrance insupportable” et “sans espoir d'amélioration”. Après des années de débat, l'aide à la fin de vie a été élargie, en avril 2023, aux enfants de moins de 12 ans.

En Belgique, la demande d'euthanasie doit être “volontaire, réfléchie, répétée” et sans pression extérieure, selon une loi promulguée en mai 2002. En 2014, le pays est devenu le premier au monde à autoriser l'euthanasie des mineurs sans fixer d'âge minimum. Cette législation fait aujourd'hui l'objet de très peu de contestations et les poursuites judiciaires liées à son application restent exceptionnelles.

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Le Luxembourg a dépénalisé l'euthanasie et le suicide assisté en 2009.

La Suisse et le suicide assisté

La Suisse interdit l'euthanasie mais autorise le suicide assisté. Depuis les années 70, le Code pénal prévoit que l'assistance au suicide n'est pas punissable tant qu'elle n'est pas motivée par un “mobile égoïste”. Cette pratique, encadrée par des règles de déontologie médicale, est assurée par des associations et bénéficie aujourd'hui d'une large acceptation. L'euthanasie demeure interdite par le Code pénal.

À noter que des ressortissants européens qui ne peuvent accéder à cette pratique dans leur pays se rendent en Suisse pour bénéficier d'un suicide assisté.

L'Autriche a légalisé, en décembre 2021, le suicide assisté pour les personnes atteintes d'une maladie grave ou incurable.

Conditions strictes en Espagne

L'Espagne a adopté, en mars 2021, une loi autorisant l'euthanasie et le suicide médicalement assisté. Les conditions sont strictes: le demandeur doit être “apte et conscient”, la demande doit être formulée par écrit, confirmée ultérieurement et validée par une commission d'évaluation.

Depuis l'entrée en vigueur de cette loi et jusqu'à la fin de l'année 2024, 1 123 personnes ont eu recours à l'euthanasie en Espagne, selon les données du ministère espagnol de la Santé.

Des réticences au Portugal et en Slovénie

Au Portugal, la dépénalisation de l'euthanasie, adoptée en mai 2023, n'est toujours pas entrée en vigueur après son rejet partiel, en avril 2025, par la Cour constitutionnelle.

En Slovénie, le Parlement avait légalisé, en juillet 2025, le suicide assisté pour les patients lucides atteints d'une maladie incurable et souffrant de manière insupportable. Mais un référendum, organisé en novembre après une campagne de l'Église catholique et de l'opposition conservatrice, a conduit à la suspension de la loi pendant au moins un an.

Projet en suspens en Italie

En Italie, la Cour constitutionnelle a fixé, en 2019, les conditions d'accès au suicide assisté. Le Parlement n'a toutefois toujours pas adopté de loi sur le sujet. Une association favorable à l'euthanasie milite pour l'adoption de règles au niveau régional. La Toscane est devenue, en février 2025, la première région italienne à adopter un cadre juridique en la matière.

Rejets au Royaume-Uni

Une proposition de loi visant à légaliser le suicide assisté en Angleterre et au pays de Galles, approuvée par les députés en juin 2025, s'est enlisée à la Chambre des lords avant d'être abandonnée. Elle doit revenir devant le Parlement de Westminster en septembre, à l'initiative d'une députée travailliste.

Le texte prévoit de rendre accessible l'aide à mourir à certains malades en phase terminale capables de s'administrer eux-mêmes la substance létale.

Un projet similaire, examiné par le Parlement écossais, qui dispose de compétences dévolues en matière de santé, a été rejeté en mars.

En revanche, l'aide à mourir a été adoptée par les assemblées des îles de Man et de Jersey, respectivement en mars 2025 et en février 2026.

SOURCE:TRT français et agences