FRANCE
3 min de lecture
France: un témoignage d’homme d'affaires russe relance les soupçons de trafic de Légion d'honneur
Aleksandr Voinovskii affirme que plusieurs personnes “parfaitement introduites dans les cercles de pouvoir” lui auraient proposé de verser entre 50 000 et 150 000 euros en espèces afin d'obtenir une distinction ou un titre de séjour en France.
France: un témoignage d’homme d'affaires russe relance les soupçons de trafic de Légion d'honneur
Vue de l’Hôtel de Salm qui abrite le siège de la Légion d’honneur / Crédit : Site officiel de la Légion d’honneur

Un homme d'affaires russe, mis en examen dans une affaire de contrebande de vin en Bourgogne, a affirmé avoir fait l'objet, en 2021, d'une proposition financière visant à lui obtenir une décoration de la Légion d'honneur ou un titre de séjour, selon des révélations du média d'investigation français Mediapart publiées mardi.

D'après le journal, Aleksandr Voinovskii, 42 ans, a livré ce témoignage en mars 2026 aux enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), dans le cadre d'une enquête portant sur des soupçons de trafic de décorations honorifiques.

Selon ses déclarations, plusieurs personnes “parfaitement introduites dans les cercles de pouvoir” lui auraient proposé de verser entre 50 000 et 150 000 euros en espèces afin d'obtenir une distinction ou un titre de séjour en France.

Parmi les personnes citées figure Julien Renault, organisateur de soirées mondaines et ancien créateur du fonds de dotation de la Légion d'honneur, dont le nom est déjà apparu dans les investigations relatives à ce dossier.

En RelationTRT Français - La journaliste Caroline Fourest décorée de la Légion d’honneur

Contacté par Mediapart, Julien Renault a confirmé avoir été en relation avec l'homme d'affaires russe, tout en rejetant fermement les accusations.

“Personne n'a jamais promis de décorations, jamais !”, a-t-il déclaré au média, estimant que d'éventuelles promesses auraient pu être formulées à son insu par des membres de son entourage.

Selon le témoignage rapporté par la même source, Aleksandr Voinovskii aurait rencontré Julien Renault en 2021 par l'intermédiaire du restaurateur parisien Benoît Duval-Arnould, propriétaire du restaurant “Le Bon Georges”, situé dans le IXe arrondissement de Paris.

L'homme d'affaires russe affirme avoir ensuite été invité à plusieurs réceptions organisées dans un hôtel particulier appartenant à Julien Renault, où se côtoyaient, selon lui, des personnalités du monde politique, économique et des membres des forces de l'ordre.

Il a également évoqué auprès des enquêteurs une forte consommation de cocaïne lors de certaines de ces soirées, une affirmation que Julien Renault n'aurait pas contestée auprès de Mediapart, selon le média.

À l'issue de ces rencontres, Aleksandr Voinovskii affirme avoir été encouragé à solliciter un titre de séjour ou une décoration en échange d'importantes sommes d'argent en espèces, proposition qu'il assure avoir refusée.

Le témoignage de l'homme d'affaires russe intervient alors que les enquêteurs cherchent à établir l'existence d'un éventuel système de trafic de distinctions honorifiques au sein de l'ordre de la Légion d'honneur.

À ce stade, les déclarations d'Aleksandr Voinovskii n'ont pas été corroborées par des éléments extérieurs, précise Mediapart. Aucune mise en examen ou poursuite nouvelle liée à ces accusations n'a été annoncée par les autorités judiciaires françaises.

SOURCE:TRT français et agences