MOYEN-ORIENT
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Les Palestiniens préservent la culture du cheval arabe malgré l’adversité
Des villes surpeuplées aux villages ruraux, les Palestiniens préservent la culture du cheval arabe comme source d’identité, de patrimoine et de cohésion communautaire, malgré la réduction de leurs terres due à l’occupation israélienne.
Les Palestiniens préservent la culture du cheval arabe malgré l’adversité
Des palefreniers palestiniens présentent des chevaux arabes lors d'un concours de beauté à Rawabi, en Cisjordanie occupée. / AFP

Tandis que le rap arabe résonnait à plein volume dans les haut-parleurs et que des centaines de spectateurs remplissaient les tribunes de Rawabi, ville de Cisjordanie occupée, les palefreniers apportaient les dernières touches à de rutilants étalons arabes avant de les conduire sur le ring.

"Les Palestiniens vouent une véritable passion aux chevaux arabes", a déclaré Abdelnasser Musleh, un éleveur de 30 ans, à l’AFP lors du concours de beauté équine.

"Je pense qu’une grande partie de notre identité, de notre culture, de notre présence est liée aux chevaux. Et nous sommes fiers de cette race, la race arabe."

Alors même que les terres non bâties se font de plus en plus rares et contestées en raison de l’expansion des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie, la culture équestre a émergé dans des recoins inattendus comme une forme rare de loisir qui continue de rassembler les Palestiniens, des quartiers urbains aux villages ruraux.

Musleh lui-même a créé ce que peu de gens imagineraient : un élevage de chevaux arabes dans la ville palestinienne densément peuplée de Kufr Aqab, au nord de Jérusalem, du côté ouest de la barrière construite par Israël.

Lors du concours, des hommes au visage dur, vêtus de survêtements noirs et arborant des chaînes en or scintillant sous les projecteurs, pansaient soigneusement leurs étalons en attendant leur moment de gloire.

Certains appliquaient un gel brillant autour des grands yeux expressifs des chevaux ; d’autres brossaient leur pelage fin, deux caractéristiques de la race arabe que les Palestiniens ont commencé à faire revivre au cours des dernières décennies, selon le juge belge de la compétition, Conrad Detailleur.

Selon Ashraf Rabee, éleveur de Cisjordanie, le nombre de chevaux arabes de pure race a connu une augmentation spectaculaire, avec environ 25 000 individus enregistrés en Israël et dans les territoires palestiniens, contre une vingtaine dans les années 1970.

Se rassembler

Pour Musleh, qui travaille avec les chevaux depuis 13 ans, ce spectacle représente bien plus qu’une simple compétition : il offre aux Palestiniens un espace pour se réunir et échanger des connaissances.

Malgré la rareté des terres et la forte densité de population dans les quartiers, les éleveurs continuent d’élever des chevaux arabes dans de petits espaces urbains et des écuries de fortune.

La ferme de Musleh est coincée entre des immeubles de grande hauteur, près d’un important point de contrôle entre Jérusalem et la Cisjordanie occupée. À Jérusalem-Est occupée, des cavaliers mènent leurs chevaux à travers des quartiers densément peuplés avant de traverser le mont Scopus au trot, au crépuscule.

Dans la vieille ville de Naplouse, le hennissement des bêtes résonne dans les ruelles étroites, révélant des écuries dissimulées à l’intérieur de maisons de pierre centenaires.

Passion pour les chevaux

Des centaines de spectateurs — hommes, femmes et enfants — ont rempli les tribunes du spectacle de Rawabi.

Certains fumaient la chicha, tandis que d’autres se précipitaient vers l’arène lorsqu’un étalon appartenant à un ami ou à un parent remportait un prix.

Juste avant que chaque cheval n’entre sur le ring, les soigneurs agitaient des sacs en plastique à côté des étalons pour les exciter, encourageant les mouvements de tête spectaculaires qui font des chevaux arabes, selon les mots de Musleh, "les plus expressifs de toutes les races".

Pour de nombreux Palestiniens, l’élevage de chevaux est plus qu’un simple passe-temps.

Il est intimement lié à l’identité, au patrimoine et au sentiment d’appartenance à la terre. Poèmes, chansons et graffitis célèbrent les chevaux et les cavaliers.

Pour l’éleveur Rashad al-Sah, originaire d’Arraba, les chevaux restent un élément central de la culture arabe et palestinienne.

"On a le sentiment que le cheval arabe fait partie de soi, même si on n’en possède pas un", a déclaré Sah, dont le poulain Shahed a remporté un prix au concours de Rawabi. "C’est dans notre sang."

Pour de nombreux Palestiniens, l'élevage de chevaux est plus qu'un simple passe-temps.

Elle est intimement liée à l'identité, au patrimoine et au sentiment d'appartenance à la terre. Poèmes, chansons et graffitis célèbrent les chevaux et les cavaliers.

Pour l'éleveur Rashad al-Sah d'Arraba, les chevaux restent un élément central de la culture arabe et palestinienne.

“On a le sentiment que le cheval arabe fait partie de soi, même si on n'en possède pas un “, a déclaré Sah, dont le poulain Shahed a remporté un prix au concours de Rawabi. “C'est dans notre sang”.

SOURCE:TRT français et agences