AFRIQUE
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Cacao: 4 pays africains veulent stopper les exportations brutes
L’Alliance pour la valorisation du cacao comprenant le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Cameroun, vient de voir le jour à Abuja. L’objectif de ces pays produisant 75 % du cacao mondial, est de tirer le meilleur parti de cette ressource.
Cacao: 4 pays africains veulent stopper les exportations brutes
PHOTO D'ARCHIVES : Des cabosses de cacao pendent d'un arbre dans une ferme du village de Remikro, à Fengolo, en Côte d'Ivoire. / Reuters Arkiv

L’Alliance pour la valorisation du cacao est née à Abuja le 14 juillet 2026. Ce regroupement des quatre principaux producteurs africains de cacao — la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun —, qui représentent 75 % de la production mondiale, veut peser de tout son poids afin que le continent profite effectivement des retombées de l’exploitation de la fève.

Cette organisation vise à "renforcer la transformation locale (de cacao), attirer davantage d’investissements industriels et coordonner les positions africaines en réponse aux nouvelles exigences du commerce mondial, notamment en matière de traçabilité et de durabilité", a affirmé John Ewan Eno, ministre d’État à l’Industrie, au Commerce et à l’Investissement du Nigeria.

"(...) Pendant trop longtemps, les pays qui produisent les deux tiers du cacao mondial se sont présentés aux tables de négociation internationales un par un, chacun défendant ses propres intérêts et risquant d’être mis en balance avec ses voisins. Et la plus vieille stratégie du monde nous a été appliquée, marquant la fin à Abuja de l’ère du partage au rabais", a insisté le ministre.

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Ransford Abbey, directeur général du Ghana Cocoa Board, a déclaré que l’Afrique produit entre 75 et 77 % du cacao mondial, mais reçoit moins de 10 % de la valeur générée par l’industrie mondiale du chocolat.

"Nous n’avons pas besoin de charité. Nous méritons l’équité. Le moment est venu pour l’Afrique de valoriser ses propres richesses, de protéger ses agriculteurs et de négocier d’une seule voix sur le marché mondial du cacao", a ajouté Abbey.

Il a souligné que les prix mondiaux du cacao avaient fortement chuté après avoir culminé à plus de 11 000 dollars la tonne fin 2024, obligeant le Ghana et la Côte d’Ivoire à baisser les prix à la production.

Cette alliance s’inscrit dans la continuité de l’Initiative cacao Côte d’Ivoire-Ghana, lancée en 2018 par la Côte d’Ivoire et le Ghana — respectivement premier et deuxième producteurs mondiaux de cette denrée tropicale —, sans résultats concluants.

Les présidents du Ghana et de la Côte d’Ivoire, John Mahama et Alassane Ouattara, se sont de nouveau rencontrés le mois dernier à Abidjan lors d’un sommet pour réaffirmer leur engagement à mutualiser leurs stratégies afin de valoriser l’exploitation du cacao.

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Le règlement européen sur le respect des normes écologiques dans l’exploitation du cacao entrera en vigueur le 30 décembre 2026. L’Europe, qui consomme 60 % des importations de cacao, exige le respect des normes environnementales pour les fèves entrant sur son territoire. Un premier test pour cette nouvelle alliance.

"L’Alliance s’engage à adopter une position commune sur la mise en œuvre de ce règlement, notamment pour garantir la reconnaissance des systèmes nationaux de traçabilité et défendre le principe selon lequel les coûts de mise en conformité ne devraient pas être supportés par les petits exploitants agricoles", a répondu le ministre d’État à l’Industrie, au Commerce et à l’Investissement du Nigeria.

Pour lui, la traçabilité ne doit pas être perçue comme "(...) un fardeau imposé de l’étranger, mais comme un atout construit localement (...) afin que la conformité exigée par le monde devienne la confiance que le marché récompense, et que la prime de cette confiance parvienne jusqu’à la ferme et non seulement à la salle du conseil d’administration".

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SOURCE:TRT Francais