Les bureaux de vote ont ouvert dimanche en Saxe-Anhalt, dans l’est de l’Allemagne, où 1,7 million d’électeurs sont appelés à élire un gouvernement régional qui pourrait être le premier dirigé par l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans l’histoire de l’Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale.
L’AfD arrive en tête de tous les sondages. Une enquête de la ZDF, réalisée du 1er au 3 septembre, lui accorde 41 % des intentions de vote.
Les chrétiens-démocrates (CDU) de centre droit du chancelier Friedrich Merz arrivent loin derrière, avec 23 %, alors qu’ils cherchent à conserver la direction du Land, qu’ils gouvernent depuis 24 ans.
Les autres partis sont davantage distancés : Die Linke recueille 11,5 % des intentions de vote et les sociaux-démocrates du SPD 8,5 %.
Les Verts sont crédités de 6 %, tandis que le parti de gauche BSW et les libéraux du FDP se situent autour du seuil de 5 % nécessaire pour obtenir des sièges au parlement régional.

L’AfD en forte progression
Le chef de file de l’AfD, Ulrich Siegmund, 35 ans, pourrait quasiment doubler le score obtenu par son parti en 2021, lorsqu’il avait recueilli 20,8 % des voix.
Il a promis d’expulser immédiatement les migrants sans papiers et d’augmenter considérablement les capacités de détention en vue des expulsions, en passant de quelques dizaines de sites à plusieurs centaines.
Son principal adversaire, le ministre-président Sven Schulze, 47 ans, a pris ses fonctions en janvier, après près de 15 années de mandat de Reiner Haseloff.
Aucun accord avec l’AfD
Les partis traditionnels ont exclu toute coalition avec l’AfD, notamment en raison de conclusions des services de renseignement qui ont qualifié la branche régionale du parti d’extrémiste.
Même une victoire de l’AfD ne lui garantirait pas automatiquement le pouvoir, seules les formations recueillant au moins 5 % des suffrages pouvant obtenir des sièges au parlement régional.
Les analystes s’attendent à plusieurs semaines de blocage politique à Magdebourg si l’AfD n’obtient pas la majorité absolue.
Un score élevé de l’AfD pourrait également accentuer la pression sur Friedrich Merz, dont la cote de popularité serait tombée à seulement 13 %.
Une éventuelle crise interne au sein de la CDU ne provoquerait toutefois pas automatiquement la chute du gouvernement fédéral. Si les pressions conduisaient Merz à démissionner, le Bundestag pourrait élire un nouveau chancelier sans nécessairement entraîner la dissolution du Parlement.























