Des milliers de personnes manifestent ce samedi dans plusieurs villes de France contre la vie chère, les inégalités et la dégradation des services publics.
La mobilisation, qui a réuni des lycéens, des étudiants, des syndicalistes et des participants se réclamant des "gilets jaunes", a été marquée par des affrontements avec les forces de l'ordre.
Selon les autorités, 140 actions réunissant 32 800 personnes avaient été recensées hors de la région parisienne à la mi-journée. À Paris, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes place de la République, où des tensions ont éclaté avant le départ du cortège.
Des manifestants ont lancé des projectiles et des mortiers d'artifice en direction des policiers, qui sont intervenus pour disperser les groupes.
Un important dispositif policier avait été déployé dans la capitale. Plusieurs secteurs, notamment autour de l'Élysée, de Matignon et des Champs-Élysées, étaient interdits aux manifestations.
Deux cortèges spontanés ont également été dispersés dans la matinée. À 11 heures, la préfecture de police faisait état de 61 interpellations et de 589 contrôles préventifs à Paris.
Le siège parisien de la chaîne CNews, qui abrite également la rédaction d'Europe 1, a par ailleurs été pris pour cible samedi matin.
Selon la préfecture de police, une centaine de personnes cagoulées ont bloqué l'accès au parking du bâtiment, lancé des projectiles et brisé des vitres. Vingt et une personnes ont été interpellées après l'intervention des forces de l'ordre.
Des incidents dans plusieurs villes
En province, des incidents ont été signalés notamment à Marseille, Lyon et Rennes. À Marseille, des commerces ont été dégradés et un poste de police municipale a été pris pour cible.
Des manifestants ont également pénétré brièvement dans le hall de l'hôtel de ville, où des dégradations ont été constatées.
À Lyon, les forces de l'ordre ont dispersé à l'aide de gaz lacrymogènes un rassemblement organisé près de l'université Lyon 3. À Rennes, des barricades enflammées ont entraîné une interruption temporaire de la circulation sur la rocade.
La mobilisation s'inscrit dans un mouvement de contestation plus large, porté notamment par des lycéens qui dénoncent le manque d'enseignants et la dégradation des conditions d'étude.
Les revendications se sont étendues au pouvoir d'achat, aux salaires, aux pensions et à la défense des services publics.
L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a condamné, samedi, sur X, des entraves à la liberté de la presse recensées depuis le matin lors des manifestations en cours en France.
Elle fait état de journalistes empêchés de faire leur travail et de fouilles violentes. RSF a rappelé que les forces de l’ordre doivent respecter le rôle des journalistes, conformément au Schéma national du maintien de l’ordre (SNMO).
Perturbations routières et stations de métro fermées
La mobilisation a également perturbé la circulation et les transports publics. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a fait état de perturbations routières dans plusieurs régions. À Rennes, la rocade a été coupée dans les deux sens pendant environ une heure dans la matinée.
Sur la RN12, près de Saint-Brieuc, une opération escargot a provoqué des ralentissements dans le sens Brest-Rennes. À Lille, un barrage filtrant a perturbé la sortie "Lille Centre" de la RN356.
À Paris, 14 stations de métro et de RER ont été fermées à partir de 8 heures, sur décision de la préfecture de police, en prévision des manifestations.
Parmi les stations concernées figuraient notamment Bastille, Barbès-Rochechouart, Pigalle et Anvers. Selon la RATP, leur réouverture devait être décidée par la préfecture de police.
La CGT soutient la mobilisation et appelle à des mesures en faveur du pouvoir d'achat et des services publics.
Une nouvelle journée d'action intersyndicale est prévue le 5 novembre. Le président Emmanuel Macron avait appelé vendredi au calme et au respect des personnes et des biens.




















