EUROPE
4 min de lecture
L’Union européenne démunie face à la crise énergétique
Les dirigeants européens réunis à Bruxelles ce 16 octobre, sont divisés sur les mesures à prendre pour faire face à la crise énergétique. L’Union européenne, qui achète du gaz russe, est fragilisée par l’accord Trump et Poutine sur le gazole russe.
L’Union européenne démunie face à la crise énergétique
Les 27 chefs d'Etat européens sont réunis pour la seconde journée à Bruxelles

Une chose les unit: le coût de l’énergie est un cauchemar pour toutes les économies européennes. L’envolée des cours des hydrocarbures et du prix de l’électricité alimente l’inflation.

Depuis le début de la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, l’Europe a dû dépenser 106 milliards d’euros de plus sans pour autant acheter davantage d’hydrocarbures en volume. Ce chiffre a été donné par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le 6 octobre dernier.

Les prix du gazole ont doublé et ceux du gaz ont bondi de 140 %.

La hausse des prix de l’énergie, conjuguée à une inflation atteignant 3 % en septembre, a incité plusieurs capitales de l’UE à demander un soutien accru à la Commission européenne.

L’Italie et la Grèce, soutenues par d’autres pays de l’UE, ont récemment exhorté Bruxelles à autoriser des dépenses supplémentaires sans que cela n’entraîne de procédures d’infraction, compte tenu des circonstances exceptionnelles liées au choc énergétique. Une demande ambitieuse pour la Commission, qui pourrait se retrouver confrontée à la nécessité de contrôler l’explosion de la dette de plusieurs pays de l’UE.

Des marges de manœuvre limitées

Les dirigeants européens se sont mis d’accord sur la nécessité de faire baisser les prix à court terme. Ils s’efforcent d’agir sur les stocks. Ainsi, comme l’a demandé la France, la Commission va étudier un assouplissement des normes de qualité des carburants pour augmenter la production des raffineries européennes, ainsi qu’une plus grande intégration des agrocarburants.

La possibilité d’une taxe sur les superprofits des compagnies pétrolières avait été évoquée, mais l’idée a finalement été abandonnée. Le gouvernement italien l’avait demandée, mais il a finalement demandé à sa compagnie pétrolière ENI de modérer ses prix.

En RelationTRT Français - Crise énergétique en France: 710 millions d'euros d'aides en plus sans convaincre

Avec des économies très dépendantes des hydrocarbures, l’Union européenne n’a finalement que peu de solutions, si ce n’est de demander le report d’une mesure destinée à lutter contre les émissions de carbone.

L’ETS2, système de quotas d’émission de l’Union européenne, doit entrer en vigueur en 2028 et soumettre de nouveaux secteurs, comme le transport routier ou le bâtiment, au principe du pollueur-payeur.

En parallèle, les quotas d’émission doivent être réduits. La Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, ainsi que l’Italie et la Grèce, ont demandé un report de l’entrée en vigueur de ces nouveaux quotas.

Une Union européenne qui dépend toujours du gaz russe

La Hongrie et la Slovaquie, liées par des contrats d’achat, bénéficient d’une dérogation leur permettant de continuer à s’approvisionner auprès de Moscou.

Depuis 2022 et le début de la guerre en Ukraine, l’Europe s’est engagée à limiter ses approvisionnements en hydrocarbures russes. La feuille de route était simple: développer des sources alternatives et les énergies renouvelables.

Mais les Vingt-Sept dépendent toujours des hydrocarbures russes. Ils ont ainsi payé à la Russie 197 milliards d’euros entre mars 2022, après l’invasion de l’Ukraine, et juillet 2026, soit quatre ans et demi.

Des efforts notables ont été faits. La part du gaz russe est passée de 45 % en 2021 à 12 % en 2025. L’UE reste néanmoins le deuxième importateur de GNL (gaz naturel liquéfié) russe.

Elle a en revanche quasiment stoppé ses importations de pétrole et n’achète plus de charbon. Le 26 janvier 2026, l’UE a voté la suppression progressive des importations de gaz russe. Les Vingt-Sept doivent ainsi éliminer totalement les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) d’ici janvier 2027 et les importations de gaz par gazoduc d’ici l’automne 2027.

Ce calendrier va-t-il être remis en question aujourd’hui? Au premier trimestre 2026, l’approvisionnement de l’UE en GNL provenait à 57 % des États-Unis.

Cela intervient alors même que Donald Trump vient de signer avec la Russie un accord d’achat d’un million de tonnes de diesel: 300 000 tonnes de gazole dans un premier temps, puis 500 000 en novembre.

En RelationTRT Français - Guerre au Moyen-Orient: une crise mondiale de l'énergie menace
SOURCE:TRT français et agences