Le communiqué de l’association altermondialiste commence par une phrase choc: "Nous sommes 69 millions de victimes de l’injustice fiscale en France."
Le porte-parole de l’association Attac (l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) commence la présentation de son contre-budget par une mise au point sur le budget du gouvernement Lecornu. Raphaël Pradeau, enseignant en économie, estime que "les efforts vont porter encore une fois sur les classes populaires, en particulier les allocataires des prestations sociales, sur les retraités, les fonctionnaires et les services publics."
Second point dénoncé par l’association: lorsque le gouvernement explique que le déficit s’est creusé à cause des prestations sociales, c’est faux. "Les statistiques de l’Insee montrent que, depuis 2017, nous avons perdu 2 points de recettes par rapport au PIB, à cause notamment des cadeaux fiscaux à destination des plus riches", explique le porte-parole.

Vincent Gath-Drezet, secrétaire général d’Attac, rappelle: "Nous avons publié un rapport en 2025 qui estimait le coût des cadeaux fiscaux concédés par Emmanuel Macron aux plus riches et aux grandes entreprises: près de 207 milliards d’euros entre 2017 et 2023."
En réponse à la communication du gouvernement, Attac propose un budget prévoyant davantage d’économies, à hauteur de 100 milliards d’euros. L’association altermondialiste passe au crible plusieurs dispositifs qu’elle juge coûteux et qui pourraient être ajustés dans un objectif d’économies, mais aussi de justice sociale, selon elle.
10 mesures pour 100 milliards d’économies
Attac estime pouvoir économiser 100 milliards d’euros en ciblant la fiscalité sur le patrimoine et les successions. L’association propose d’instaurer la fameuse taxe Zucman (une proposition d’impôt plancher de 2 % minimum sur le patrimoine des très grandes fortunes, conçue par l’économiste français Gabriel Zucman), de refondre le barème de l’impôt sur les successions pour mieux taxer les plus gros patrimoines et de plafonner le pacte Dutreil, qui permet une exonération fiscale massive sur les biens professionnels (actions comme biens mobiliers). L’ensemble de ces impôts sur les fortunes des plus riches rapporterait entre 45 et 60 milliards d’euros chaque année.

Ensuite, l’association reprend l’un de ses chevaux de bataille. Attac défend la possibilité de taxer les multinationales là où elles exercent leur activité.
C’est-à-dire là où se situent leurs usines, leurs salariés, leur production et leurs ventes. Cette mesure rapporterait jusqu’à 25 milliards d’euros à la France, selon Attac.
L’association avait déjà adopté la même démarche en 2025 dans une note coordonnée par l’Observatoire de la justice fiscale et intitulée "Qui veut gagner des milliards? En finir avec les niches fiscales injustes et inefficaces".





















