Le service de renseignement intérieur israélien (Shin Bet) a annoncé enquêter sur des soupçons d'irrégularités lors des élections législatives de mardi, après des accusations de fraude relayées par le camp du Premier ministre Benjamin Netanyahu contre les deux listes arabes.
Le Shin Bet a toutefois précisé que cette enquête ne visait pas à "incriminer toute une communauté qui a voté de manière démocratique et légale".
La Commission électorale a, de son côté, dénoncé jeudi des informations "entièrement infondées" ayant circulé à ce sujet.
"L'enquête se poursuit en parallèle du processus mené par la Commission électorale centrale. Elle n'aura aucun impact sur les résultats finaux qui seront remis au président", a-t-elle assuré.
Les résultats définitifs ont placé le camp de Netanyahu en tête, sans toutefois lui permettre d'obtenir une majorité à la Knesset.
La coalition sortante de droite et d'extrême droite recueille 53 sièges sur les 120 que compte le Parlement israélien. Le Likoud du Premier ministre reste le premier parti avec 27 députés.
Le bloc de l'opposition, emmené par le centriste Gadi Eisenkot, obtient 48 sièges, selon les résultats publiés par la Commission électorale dans la nuit de jeudi à vendredi.
L'arbitrage du président
Les résultats définitifs seront officiellement remis mercredi au président Isaac Herzog. Celui-ci devra ensuite consulter les chefs des partis représentés à la prochaine Knesset avant de désigner l'un d'entre eux pour tenter de former un gouvernement, a indiqué la Commission électorale.
L'absence de majorité ouvre la voie à des négociations de coalition qui pourraient durer plusieurs semaines. En cas d'échec, Israël pourrait être contraint d'organiser de nouvelles élections, comme cela s'est produit à plusieurs reprises dans son histoire.
Le scrutin de mardi était le premier depuis le 7 octobre 2023. La participation a atteint 77 %, son niveau le plus élevé depuis 1999. Les deux listes arabes, Raam et la Liste unifiée, ont réalisé une percée en remportant ensemble 19 sièges.
Ces tensions politiques interviennent alors que le conflit au Moyen-Orient se poursuit et que Netanyahu menace de relancer une campagne militaire contre l'Iran.
Les élections se sont également déroulées dans un contexte de critiques internationales croissantes concernant la conduite de la guerre génocidaire menée à Gaza, ainsi que les violences et l'expansion des colonies en Cisjordanie occupée depuis 1967, sous le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël.




















