Personne n’a oublié ces images estivales de pompiers luttant pied à pied contre des feux hors de contrôle sans masques, avec des véhicules qui ne peuvent pas être utilisés en forêt et avec un nombre insuffisant de Canadair. Il a fallu appeler à l’aide les autres départements français, puis enclencher l’aide européenne.
Aujourd’hui, ces pompiers demandent davantage de moyens matériels et financiers, un recrutement massif de sapeurs-pompiers professionnels et la protection de leur santé.
Cette date du 8 septembre n’est pas anodine, puisque le gouvernement doit présenter aujourd’hui aux organisations syndicales les grandes lignes du projet de loi issu d'un Beauvau de la Sécurité civile.
Le préavis de grève a été déposé jusqu’au 20 octobre pour "maintenir la pression sur le gouvernement jusqu'à l'examen du projet de loi de finances (fin septembre)", explique Laurent Guilloteau, représentant syndical CGT des SDIS. Les pompiers participeront à une grande mobilisation à Paris le 29 septembre à l'appel de l'intersyndicale de la fonction publique.
Ils "n'attendent pas une loi de plus, mais une loi qui change réellement les choses", prévient la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) dans un communiqué ce lundi, appelant le gouvernement à "être à la hauteur de la situation".
"On manque de tout, que ce soit de véhicules, de protections individuelles, les délais d'intervention augmentent, les équipes sont épuisées, on enchaîne les gardes", déplore Tristan Larruy, secrétaire général FO des sapeurs-pompiers de l'Aude.
L’État répond que les budgets ont augmenté ces dernières années, mais entre inondations, aides aux victimes et méga-feux, le système français qui repose surtout sur des volontaires est clairement à la peine.

En 2025, les pompiers ont réalisé 4,89 millions d'opérations de secours, ce qui correspond à plus de 13 000 interventions par jour. Ce chiffre était d'environ 3,6 millions il y a vingt ans, soit une hausse de 35 %.
L’intersyndicale réclame ni plus ni moins l’embauche de 21 000 professionnels, un nombre calculé sur la base d’un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA) de 2025.
Le financement des centres de secours en question
Le financement des SDIS est un des gros sujets de tensions car les départements ont du mal à financer les services de secours. La départementalisation des SDIS a eu lieu en 1996. Concrètement, les départements sont devenus le principal contributeur financier. Sur les plus de six milliards d’euros de budget des SDIS, plus de cinq milliards sont financés par les collectivités territoriales, dont 59 % par les départements, d’où de grandes disparités selon les territoires.
Pour les syndicats, l’État doit prendre sa part dans le financement des SDIS, d'autant plus que ces derniers "doivent répondre à des risques qui dépassent largement les frontières départementales", précise la CFDT, citant par exemple l'envoi de renforts lors d'incendies d'ampleur.
Autre sujet de tensions, les pompiers sont de plus en plus amenés à porter secours à la personne, comme emmener des personnes âgées aux urgences car aucun médecin ne fait de visites à domicile, ce n’est pas notre cœur de métier, répondent les syndicats. En clair, les pompiers remplacent souvent les ambulances manquantes ou le SAMU quand ces services sont débordés.
Depuis 2002, le nombre d’interventions a progressé de plus de 30 %, et la part du secours d’urgence aux personnes est passée de 59 % à 87 % des missions. Les syndicats demandent tout simplement qu’on recentre leur mission sur le secours en urgence.
Un système qui repose sur les volontaires
Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, au 31 décembre 2025, la France comptait 258 641 sapeurs-pompiers. Parmi eux, on distingue les sapeurs-pompiers professionnels (44 303), les militaires (13 377) pour la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et le Bataillon de marins-pompiers de Marseille (BMPM), et surtout les sapeurs-pompiers volontaires (200 961), qui représentent donc près de 78 % des effectifs totaux.
En d’autres termes, le système de secours repose principalement sur des personnes qui ne sont pas toujours disponibles et qui manquent parfois de formation.
Ce mouvement de grève n’impacte pas le travail des pompiers car des réquisitions sont possibles. Ce mouvement sera surtout visible sur les camions d’intervention à coups de banderoles.
Les pompiers aimeraient être entendus alors qu’une loi de modernisation est en préparation, la dernière ayant plus de 20 ans, pour, ils l’espèrent, obtenir le classement de leur métier dans la catégorie "métier dangereux".





















