Selon le syndicat, deux tiers des établissements du secondaire ne sont pas au complet. Il manque au moins un membre du personnel, qu’il s’agisse d’un enseignant, d’un conseiller principal d’éducation (CPE), d’un psychologue, d’un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH) ou d’un assistant d’éducation (AED).
L’an dernier, à la même période, il manquait au moins un personnel dans 73 % des établissements. "La situation reste donc comparable et très dégradée faute de personnels en nombre suffisant", alerte le principal syndicat des enseignants du second degré dans le public.
Cette enquête du syndicat enseignant contredit les déclarations optimistes du ministre Édouard Geffray il y a quelques jours. "Tous les indicateurs cette année sont bien meilleurs cette année que les années précédentes, entre autres parce que les concours ont permis de recruter quasiment à plein", avait-il affirmé lors de sa conférence de presse de rentrée.
L’état des lieux du Snes-FSU dépeint une situation totalement inverse: la pénurie d’enseignants persiste. "Ce sont les postes qui n'ont pas été pourvus sur lesquels l’Éducation nationale n'a pas mis quelqu'un, ou les remplacements de moyenne ou de longue durée", précise lundi sur franceinfo Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU.

Un ministre qui veut une pédagogie "plus rigoureuse"
Dans le détail, il manque au moins un professeur dans plus de la moitié des établissements publics (53 %). "Contrairement aux discours optimistes du ministre, il n'y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée", dénonce le syndicat. L’an dernier, au 4 septembre, il manquait au moins un professeur dans 55 % des collèges et des lycées. En ce qui concerne les disciplines, en cette rentrée, la situation est particulièrement tendue en mathématiques, français, physique-chimie ou encore en anglais.
En conclusion, rien n’a changé malgré les promesses des différents ministres ces dernières années et à chaque rentrée, la communication ministérielle cherche à masquer le manque de professeurs.
En 2023, Gabriel Attal faisait la chasse à l’abaya pour faire oublier les postes vides, le ministre actuel, Édouard Geffray, s’est lancé dans une croisade contre les fautes d’orthographe et la baisse du niveau scolaire. Il prône ainsi un retour à une pédagogie "plus rigoureuse" pour stimuler l’exigence scolaire.
Le Snes-FSU répond à son ministre de tutelle "qu'il n'est pas possible d'envisager une amélioration des résultats de notre système éducatif sans apporter de réponse forte à la question des moyens humains", à la veille de la publication de l’étude PISA de l’OCDE, sur le niveau scolaire des élèves.

Toutes les académies à la peine
Ces problèmes de recrutement touchent l’ensemble des académies, même si toutes ne sont pas logées à la même enseigne. Dans l’académie de Versailles, ce sont ainsi plus de 70 % des établissements où il manque au moins un professeur.
Les académies de Toulouse (66,7%), Nantes (61,7%) et Créteil (61,10 %) sont aussi très touchées. La situation est moins tendue à Amiens avec 23,10 % des établissements concernés, ou encore à Reims avec 26,30 %.
"Les concours n'ont pas fait complètement le plein. Il y a près de 440 postes qui n'ont pas été pourvus au concours pour le second degré. On paye aujourd'hui une pénurie structurelle de professeurs depuis plusieurs années", explique Sophie Vénétitay.
Autre facteur aggravant, les rectorats ont fait le choix de ne pas renouveler un nombre conséquent de professeurs non-titulaires en CDD. Toujours pour des raisons budgétaires.
Cette année, le syndicat pointe également le fait que dans près de quatre établissements sur cinq, "aucune adaptation du bâti n'est envisagée" pour faire face aux épisodes de chaleur et de canicule.
Dans les collèges et lycées où des actions sont réalisées, "le recours aux ventilateurs, aux brasseurs d'air ou climatiseurs mobiles apparaît beaucoup plus fréquent que la rénovation thermique", regrette le Snes-FSU.






















