Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, était à l'aéroport de la capitale au moment du bombardement et a fait savoir sur X qu'il était "sain et sauf". Un membre de l'équipage de son avion a toutefois été blessé.
M. Tedros fait partie d'une délégation qui s'est rendue au Yémen pour tenter de faire libérer 17 membres de l'ONU détenus par les Houthis et faire le point sur la situation sanitaire catastrophique du pays en proie à une guerre civile.
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D'après un communiqué de l'autorité locale de l'aviation civile, les frappes sont survenues au moment où l'appareil de la délégation onusienne "s'apprêtait à effectuer un vol programmé".
Les Houthis qui contrôlent de vastes pans du Yémen dont la capitale Sanaa, sont soutenus par l'Iran, l'ennemi juré d'Israël. Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza le 7 octobre 2023, ils ont lancé de nombreuses attaques contre Israël, en "solidarité" avec les Palestiniens.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a averti que son pays continuerait à frapper les Houthis "jusqu'à ce que le travail soit fini".
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné l'"escalade" des tensions entre Israël et les Houthis dans un communiqué. Il a ajouté que ces frappes suivaient "une année d'escalade de la part des Houthis".
Jeudi, l'aéroport de Sanaa a été la cible de "plus de six" frappes, a déclaré un témoin aux journalistes. La base aérienne voisine d'al-Dailami a aussi été visée.
Au total, six personnes ont été tuées à l'aéroport, ont déclaré les Houthis sur leur chaîne Telegram.
Depuis 2022, seule la compagnie nationale yéménite Yemenia assure une liaison commerciale limitée à partir de l'aéroport de Sanaa, avec Amman comme principale destination. Entre 2016 et 2022, il n'accueillait que des vols humanitaires opérés par l'ONU.
L'aéroport de Sanaa rouvrira vendredi, a annoncé l'autorité locale de l'aviation civile.
Centrale électrique
Dans la région de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, une centrale électrique a aussi été touchée par les frappes, d'après un témoin et un communiqué des rebelles.
Ces frappes constituent "un crime sioniste contre l'ensemble du peuple yéménite", a réagi Mohammed Abdelsalam, un porte-parole des Houthis.
L'armée israélienne a précisé avoir visé également les centrales électriques d'Hezyaz et Ras Katanib" ainsi que "des infrastructures militaires dans les ports de Hodeida, Salif et Ras Katanib, sur la côte ouest".
Les rebelles visent aussi des navires liés selon eux à Israël, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, malgré les frappes de représailles sur leur territoire également menées par l'armée américaine.
L'Iran a condamné les frappes israéliennes, de même que le Hamas.
Les raids surviennent au lendemain de la revendication par les Houthis du tir d'un missile balistique et de deux drones contre Israël.
La plupart des attaques houthies contre Israël ont été contrées ou n'ont provoqué que des dégâts matériels. Mais en juillet, un civil israélien a été tué à Tel-Aviv par l'explosion d'un drone tiré du Yémen. Israël a également riposté par des frappes meurtrières sur Hodeida.
Un lourd bilan à Gaza
Au moins 45 personnes ont été tuées jeudi dans plusieurs raids israéliens sur la bande de Gaza en guerre, selon différentes sources palestiniennes.
Le directeur de l'hôpital Kamal Adwan, l'un des deux seuls encore opérationnels dans le nord de ce territoire palestinien ravagé par plus d'un an de guerre israélienne, avait lancé un appel à l'aide lundi.
Affirmant que son établissement était pris pour cible par l'armée israélienne, le Dr Hossam Abou Safiya avait demandé à la communauté internationale d'intervenir "de toute urgence avant qu'il ne soit trop tard".
Il a annoncé jeudi soir que cinq membres de son personnel étaient morts en raison d'une "frappe israélienne" : un pédiatre, une technicienne de laboratoire, deux ambulanciers et un agent de maintenance.
L'armée israélienne a déclenché une vaste offensive dans le nord de la bande de Gaza début octobre afin d'empêcher selon elle des membres du Hamas de se regrouper.
Bébés morts à cause du froid
La journée avait commencé avec l'annonce par une chaîne de télévision palestinienne affiliée au Jihad islamique, Al-Quds Today, de la mort de cinq de ses journalistes dans une frappe israélienne sur leur véhicule, dans le centre de la bande de Gaza.
Le responsable pédiatrique d'un hôpital du sud du territoire a par ailleurs raconté que trois bébés de moins d'un mois avaient péri en 48 heures cette semaine à cause du froid.
"Le cas le plus récent est celui d'une petite fille innocente de trois semaines amenée aux urgences avec une baisse importante de température corporelle, qui a entraîné sa mort", a déclaré le Dr Ahmed al-Farra.
Cette petite fille, Sila al-Faseeh, vivait sous une tente avec ses parents dans un camp de déplacés bordant la mer Méditerranée près de la ville de Khan Younès.
Deux soldats israéliens tués
La Défense civile de la bande de Gaza a, tout au long de la journée, fait état de plusieurs dizaines de morts dans différentes frappes sur la côte.
Selon elle, 13 personnes ont notamment été tuées dans le bombardement d'une maison de l'ouest de la ville de Gaza au sein de laquelle vivaient "de nombreuses familles déplacées" par les combats.
L'armée israélienne a de son côté donné le nom de deux soldats de 27 et 35 ans "morts au combat" dans la bande de Gaza, ce qui porte à 391 le nombre des militaires israéliens ayant perdu la vie dans ce territoire palestinien depuis le début de la guerre.
Plus de 45.000 Palestiniens ont été tués dans l’offensive militaire israélienne, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement de Gaza, jugées fiables par l'ONU.