/ Photo: AFP (AFP)

Le projet de texte, préparé par les dix membres élus du Conseil exigeait "un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent qui doit être respecté par toutes les parties" et "la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages".

"Nous avons été très clairs pendant toutes les négociations : nous ne pouvions pas soutenir un cessez-le-feu inconditionnel qui ne permette pas la libération des otages", a justifié, après le vote, l'ambassadeur américain adjoint Robert Wood, estimant que le Conseil aurait, par cette résolution, envoyé au Hamas "le message dangereux qu'il n'y a pas besoin de revenir à la table des négociations".

Le projet de résolution, qui a recueilli 14 voix pour et une contre, avait provoqué la colère d'Israël, dès sa présentation.

“[Ce texte] n'est qu'une trahison", a dénoncé l'ambassadeur israélien à l'ONU, Danny Danon, juste avant le vote, comptant sur Washington pour bloquer une adoption, qui signifierait pour lui un "abandon" des otages.

Israël a lancé une campagne de bombardements massifs suivie d'une offensive terrestre à Gaza, qui ont fait au moins 43 985 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé de Gaza.

La quasi-totalité des quelque 2,4 millions d'habitants ont été déplacés dans ce territoire en proie à un désastre humanitaire.

"Gaza hantera le monde"

Depuis le début de la guerre, le Conseil de sécurité de l'ONU peine à parler d'une seule voix, bloqué à plusieurs reprises par des veto américains, mais aussi russes et chinois.

Les rares résolutions adoptées n'appelaient pas à un cessez-le-feu inconditionnel et permanent. En mars, avec l'abstention américaine, le Conseil avait ainsi demandé un cessez-le-feu ponctuel pendant le ramadan - sans effet sur le terrain - et avait adopté en juin une résolution américaine soutenant un plan de cessez-le-feu en plusieurs phases, accompagnées de libérations d'otages, mais ce plan n'a jamais abouti.

Certains diplomates espéraient qu'après la victoire de Donald Trump, les États-Unis de Joe Biden seraient plus flexibles dans les négociations, imaginant une répétition de décembre 2016.

À quelques semaines de la fin du mandat de Barack Obama, le Conseil avait alors adopté, pour la première fois depuis 1979, une résolution demandant à Israël de cesser la colonisation dans les Territoires palestiniens occupés. Ce vote avait été rendu possible grâce à la décision des États-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto, alors qu'ils avaient toujours soutenu Israël sur ce dossier.

Le projet de résolution rejeté mercredi réclamait également un accès "sûr et sans entrave" à une aide humanitaire d'ampleur, y compris dans le nord "assiégé" de Gaza, et dénonçait toute tentative d'"affamer les Palestiniens".

Les Palestiniens, de leur côté, semblaient estimer que ce texte n'allait pas assez loin.

"Le destin de Gaza hantera le monde pour les générations à venir", avait mis en garde leur ambassadeur à l'ONU, Riyad Mansour.

Pour lui, la "seule ligne de conduite possible" du Conseil est certes d'exiger un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, mais dans le cadre du chapitre VII de la Charte des Nations unies.

Ce chapitre clé permet au Conseil de prendre des mesures pour faire appliquer ses décisions, par exemple avec des sanctions, mais le projet de texte n'y fait pas référence.

Agences