Âgés de 52 et 44 ans, ils sont soupçonnés de viols et d’agressions sexuelles sur de jeunes enfants. Une animatrice a par ailleurs été placée sous le statut de témoin assisté.
Ces placements en détention font suite à une vaste opération policière menée mercredi 20 mai par la Brigade de protection des mineurs. Au total, seize personnes travaillant dans le périscolaire de cette école ont été interpellées dans le cadre de plusieurs enquêtes distinctes.
L’affaire Saint-Dominique, qui a éclaté au grand jour au début de l’année 2026, est devenue le symbole d’une crise profonde qui touche l’ensemble du périscolaire parisien.
Tout a commencé après la diffusion d’un reportage de Cash Investigation montrant des pratiques violentes et inappropriées. Depuis, des dizaines de parents ont porté plainte, dénonçant des faits de viols et d’agressions sexuelles commis sur des enfants âgés de 3 à 6 ans.

Depuis plusieurs mois, de nombreuses écoles maternelles parisiennes sont concernées. Parmi les affaires les plus graves figurent celles des écoles Paul-Dubois (3e arrondissement), Emeriau et Volontaires (15e), où des animateurs ont été mis en examen pour des faits similaires.
Selon les chiffres du parquet de Paris, 84 écoles maternelles font actuellement l’objet d’une enquête pour des faits de violences physiques et/ou sexuelles dans le périscolaire.
Cela représente près d’une école maternelle sur trois à Paris, soit environ 28 à 30 % du total des écoles maternelles publiques de la capitale. Une vingtaine d’écoles élémentaires et plusieurs crèches sont également concernées.
Selon les chiffres communiqués par la mairie de Paris, 78 animateurs ont été suspendus depuis le début de l’année 2026, dont une trentaine pour des suspicions de violences sexuelles. L’année précédente, 46 suspensions avaient déjà été prononcées.
Ces révélations mettent en lumière des dysfonctionnements structurels anciens, recrutement précipité de vacataires souvent peu formés, contrôles de moralité insuffisants, turn-over très élevé, signalements tardifs et transferts d’agents d’une école à l’autre malgré des alertes.
Des parents et des syndicats dénoncent depuis longtemps un manque de moyens et de vigilance de la part de la Ville de Paris.
Face à la gravité de la situation, la municipalité a annoncé un plan d’urgence comprenant le renforcement des formations, des contrôles plus stricts et la création d’une École parisienne du périscolaire à la rentrée 2026.
Mais pour de nombreuses familles, ces mesures arrivent trop tard. L’enquête se poursuit. D’autres mises en examen sont attendues dans les semaines à venir.





















