Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a nommé Ahmadou Al Aminou Lo Premier ministre, confiant ainsi la direction du gouvernement à cet économiste et haut fonctionnaire, connu pour sa carrière à la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO).
"Le Sénégal est un pays sûr et viable et entend le rester", a déclaré Lo lundi, faisant référence à la "situation financière difficile" du pays dans sa première déclaration après sa nomination.
Âgé de 60 ans, Lo est un ancien directeur national de la BCEAO au Sénégal, poste qu'il a occupé de 2018 à 2023. Son profil diffère de celui de nombreuses personnalités politiques de premier plan, le nouveau chef du gouvernement étant davantage associé aux milieux technocratiques et financiers qu'à la politique de terrain.
Depuis l'arrivée au pouvoir de Faye en 2024, Lo a occupé plusieurs postes stratégiques. Il a d'abord été nommé ministre et secrétaire général du gouvernement, supervisant la coordination de l'action gouvernementale et la préparation des réunions du Conseil des ministres.
En avril 2025, il est devenu ministre auprès du président, chargé du suivi, du pilotage et de l'évaluation de l'Agenda national de transformation Sénégal 2050.
Dans ses déclarations publiques, il a plaidé pour une approche fondée sur la discipline budgétaire et la transformation économique.
Il a affirmé que le gouvernement pouvait "redresser la situation économique en 24 mois" à condition que toutes les parties prenantes adoptent "une attitude rigoureuse et disciplinée sur le plan financier".
Une nomination dans un contexte difficile
Reconnu pour son expertise en macroéconomie, en réglementation bancaire et en marchés financiers, Lo est également connu pour ses critiques à l'égard du franc CFA, une question régulièrement mise en avant par le PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l'éthique et la fraternité), le parti au pouvoir, dans ses revendications d'une plus grande souveraineté économique et monétaire.
Sa nomination intervient dans un contexte de défis économiques et politiques importants. Le nouveau Premier ministre aura pour mission de piloter la politique gouvernementale alors que le Sénégal s'efforce de relancer la croissance économique, de rassurer les acteurs du secteur privé et de poursuivre la mise en œuvre des réformes prévues par la Vision Sénégal 2050.
Ce poste était précédemment occupé par Ousmane Sonko, figure de proue du Pastef et allié politique clé du président, qui a été limogé pour s'être opposé à la restructuration de la dette.
Selon le FMI, la dette publique du pays représente désormais 132 % de son PIB.
Réunion de l’Assemblée
Une réunion plénière de l'Assemblée nationale doit examiner mardi la "réintégration" au poste de député de Sonko.
Elu lors des législatives de novembre 2024, Sonko avait renoncé à son mandat pour rester chef de gouvernement.
Un membre du gouvernement peut redevenir député s'il quitte l'exécutif.
Les députés sont convoqués mardi à 9 heures (locales et GMT) afin de voter la "réintégration du député Ousmane Sonko" et d'élire le prochain président de l'Assemblée nationale, selon un document officiel publié dimanche soir.
Avec une rhétorique panafricaniste, Sonko avait suscité l'engouement des jeunes Sénégalais, après des mois d'un bras de fer avec Macky Sall, président de 2012 à 2024.



















