TÜRKİYE
4 min de lecture
Erdogan: l'ouverture de la Türkiye vers l'OCS ne signifie pas un abandon de l'Occident
Les efforts de la Türkiye pour devenir membre à part entière de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ne signifient pas qu'Ankara tourne le dos à l'Occident, a déclaré mercredi le président Recep Tayyip Erdogan.
Erdogan: l'ouverture de la Türkiye vers l'OCS ne signifie pas un abandon de l'Occident
Erdogan a également indiqué que la Türkiye poursuivait les discussions en vue de réintégrer le programme d'avions de combat F-35

S'exprimant devant des journalistes à bord de l'avion présidentiel à son retour du sommet des chefs d'État de l'OCS à Bichkek, au Kirghizistan, Erdogan a assuré que la Türkiye poursuivait une politique étrangère fondée sur une approche globale.

"Notre objectif est d'accroître notre propre poids avec une vision à 360 degrés", a-t-il déclaré.

Guerre en Ukraine

Concernant la guerre entre la Russie et l'Ukraine, Erdogan a affirmé que lui-même et le président russe Vladimir Poutine souhaitaient parvenir à une fin pacifique du conflit dans les meilleurs délais.

Il a également insisté sur l'importance de protéger le transport maritime civil en mer Noire, estimant que les combats ne devaient pas atteindre un niveau susceptible de menacer la sécurité des civils et les activités commerciales.

Erdogan a par ailleurs averti qu'une crise céréalière était en train de réapparaître, notamment en Afrique, et estimé qu'il serait utile de lancer une initiative avant que la situation ne s'aggrave.

Programme F-35 et avion de combat KAAN

Sur les questions de défense, Erdogan a indiqué que la Türkiye poursuivait les discussions en vue de réintégrer le programme d'avions de combat F-35.

"Nous poursuivons nos discussions sur la réintégration de la Türkiye dans le programme. Une fois les procédures aux États-Unis achevées, cette question sera derrière nous", a-t-il déclaré.

Le président turc a toutefois souligné qu'Ankara continuerait à développer ses propres capacités de défense.

"Nous ne renonçons ni au KAAN ni au développement de nos propres systèmes de défense aérienne. Nous augmentons les options de la Türkiye. C'est la feuille de route d'une Türkiye forte", a-t-il affirmé.

Pacte de défense de La Mecque

Concernant l'Alliance de défense de La Mecque, Erdogan a déclaré que le pacte avait été établi afin de renforcer la stabilité et la sécurité dans la région.

"Nous continuerons notre chemin ensemble avec nos frères, en devenant plus forts", a-t-il déclaré.

Grèce et îles démilitarisées

Erdogan a également appelé la Grèce à revenir sur ce qu'il a qualifié de "mauvaise voie" et à cesser d'armer les îles dont le statut prévoit une démilitarisation.

"L'histoire est un très bon guide pour ceux qui en tirent des leçons", a-t-il déclaré.

"La Grèce doit désormais comprendre ceci : la Türkiye n'a aucune visée sur le territoire de qui que ce soit, mais elle ne permettra à personne de violer ses droits", a-t-il ajouté.

Processus pour une "Türkiye sans terrorisme"

Concernant l'initiative dite de la "Türkiye sans terrorisme", Erdogan a déclaré qu'Ankara considérait le processus comme une question d'atteinte des objectifs fixés plutôt que comme le respect d'un calendrier précis.

"Bien sûr, en tant qu'État, nous avons notre feuille de route, notre plan et notre calendrier", a-t-il déclaré.

Évoquant le projet de loi-cadre lié au processus, Erdogan a indiqué que sa mise en œuvre nécessitait que le PKK dépose les armes et se dissolve.

"Les modalités des déterminations et des vérifications sont claires. Le processus avance étape par étape", a-t-il ajouté.

Erdogan a affirmé que la Türkiye ne tolérerait pas les approches susceptibles d'affaiblir le sentiment de fraternité nationale ou de raviver les lignes de fracture créées par le terrorisme dans le passé.

"Nous renforcerons le front intérieur. Malgré nos différences, nous nous unirons autour du dénominateur commun qu'est la Türkiye. Nous appelons cela le Grand Consensus turc. Nous avançons en sachant ce que nous faisons", a-t-il déclaré.

Syrie et dissolution des FDS dirigées par les YPG

À propos de la Syrie, Erdogan a affirmé que la Türkiye souhaitait que le pays reste uni avec toutes ses composantes, soulignant que cette unité était essentielle à son développement durable et au renforcement de ses capacités.

Revenant sur l'annonce de la dissolution des FDS dirigées par les YPG, Erdogan a estimé que cette décision pourrait "ouvrir la porte à une nouvelle ère pour toute la région".

"Le chapitre du terrorisme doit désormais se refermer. L'ère des armes et de la violence doit désormais prendre fin", a-t-il déclaré.

SOURCE:TRT français et agences