La présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, a vivement interpellé lundi le président Emmanuel Macron et son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot après la diffusion d’une vidéo publiée par le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, sur les conditions de détention des prisonniers palestiniens.
Dans un message publié sur X, la députée a partagé la vidéo et directement mis en cause la position du gouvernement français à l’égard d’Israël.
“Allez-vous continuer à nier l’intention génocidaire d’Israël après cette vidéo ?”, a-t-elle écrit en identifiant Emmanuel Macron et Jean-Noël Barrot.
La séquence, présentée sous la forme d’une animation, montre dans un premier temps des prisonniers palestiniens bénéficiant de différentes commodités, notamment de nourriture, de diplômes et de divertissements.
Ben-Gvir apparaît ensuite en train d’actionner un mécanisme qui entraîne la suppression de ces avantages et le durcissement des conditions de détention. La vidéo se conclut par la formule: “Nous avons promis, nous l’avons fait !”
Ben-Gvir au cœur de nouvelles controverses
Cette publication intervient alors qu’Itamar Ben-Gvir est régulièrement au centre de controverses et de condamnations internationales en raison de ses déclarations sur la guerre à Gaza et les prisonniers palestiniens.
Le ministre israélien avait notamment appelé à intensifier les frappes aériennes sur la bande de Gaza et à tuer “30 à 40” Palestiniens par jour. Il avait également renouvelé ses appels à la réinstallation d’Israéliens dans l’enclave palestinienne.
Ces déclarations avaient été vivement condamnées par Jean-Noël Barrot, qui les avait qualifiées d’”insupportables et inhumaines” dans un entretien accordé au quotidien régional La Montagne.
Le chancelier allemand Friedrich Merz avait également dénoncé les propos du ministre israélien. Son porte-parole adjoint, Sebastian Hille, avait estimé qu’ils violaient le droit international et étaient “inacceptables”.
Ben-Gvir interdit de territoire en France
Paris avait par ailleurs annoncé en mai l’interdiction de territoire visant Itamar Ben-Gvir.
Jean-Noël Barrot avait alors justifié cette décision par les “agissements inqualifiables” du ministre israélien à l’égard de citoyens français et européens participant à la flottille Global Sumud.
Le chef de la diplomatie française avait également appelé l’Union européenne à envisager des sanctions contre le responsable israélien.
Selon Berlin, la question de sanctions visant des responsables politiques israéliens considérés comme extrémistes doit être examinée par les ministres des Affaires étrangères de l’UE lors d’une réunion informelle. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, doit notamment présenter des propositions en ce sens.
L’interpellation de Mathilde Panot intervient ainsi dans un contexte de fortes tensions autour des déclarations et des décisions d’Itamar Ben-Gvir. LFI reproche plus largement au gouvernement français de ne pas adopter une position suffisamment ferme face aux actions d’Israël à l’égard des Palestiniens.






















