Le Brésil n'a finalement pas viré à droite comme l'Argentine, le Chili ou encore la Colombie, tous soutenus par le président américain Donald Trump. Il reste l'un des rares bastions progressistes en Amérique latine.
"La démocratie et le multilatéralisme ont gagné au Brésil", s'est félicitée la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à propos de la victoire de son "ami" Lula, et le président français Emmanuel Macron a appelé à faire "vivre l'amitié entre nos deux pays au service d'un monde plus juste" face aux "grands défis de notre temps".
Lula a été chaudement félicité par la gauche au pouvoir en Amérique latine (la Mexicaine Claudia Sheinbaum, le Cubain Miguel Diaz-Canel et le ministère vénézuélien des Affaires étrangères). Les présidents de droite (Chili, Pérou, Équateur) ont assuré vouloir continuer à travailler à des objectifs communs avec le géant de la région.
Pékin s'est dit prêt à "continuer" à travailler avec le Brésil, tandis que le Premier ministre indien Narendra Modi a salué la victoire "remarquable" de son "cher ami", avec lequel il compte continuer à "faire progresser les priorités communes du Sud".
Avec 51,8 % des voix contre 48,2 % pour le sénateur Flavio Bolsonaro, le vétéran qui aura 81 ans mardi a déjoué tous les pronostics. Et conquis 4,4 millions de voix de plus que son adversaire.
Il avait été devancé au premier tour par le fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), condamné pour tentative de coup d'État.
Les Brésiliens "sont allés voter parce que nous avons réussi à les convaincre que le vote était très important pour garantir la démocratie", a lancé Lula depuis la mégapole Sao Paulo.
Il a remercié "la générosité de la jeunesse brésilienne", qui dans l'entre-deux-tours est descendue dans les rues et s'est mobilisée sur les réseaux sociaux pour obtenir une "virada", comme les Brésiliens appellent une remontada dans un match de foot.
"Magouille"
Pour son quatrième mandat, la marge de manoeuvre de Lula s'annonce limitée après le raz-de-marée conservateur aux législatives il y a trois semaines.
La campagne a montré combien le pays reste divisé et une querelle judiciaire a même perturbé la journée électorale. Sur décision d'un juge de la Cour suprême, le vote a été prolongé de deux heures.
L'équipe de Lula avait déposé un recours en dénonçant le fait que des électeurs avaient été empêchés de voter car des bus avaient été retirés de la circulation dans certaines villes, notamment dans son fief du Nord-Est.
"Il est impossible de reconnaître les élections", a dénoncé Flavio Bolsonaro, visage fermé, après la proclamation des résultats. Depuis Brasilia, il a fustigé une "magouille".
Son camp avait pourtant également réclamé une prolongation du vote dans deux régions, en raison de "pluies intenses".
Son père avait lui aussi refusé de reconnaître sa défaite en 2022 face à Lula. Il purge en résidence surveillée une peine de 27 ans de prison, pour avoir cherché à s'accrocher au pouvoir après sa réélection manquée.
C'est la première fois qu'un candidat parvient à renverser la vapeur au second tour depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985).
À l'annonce du résultat, une foule de sympathisants a laissé éclater sa joie, notamment sur l'emblématique avenue Paulista de Sao Paulo, où le vainqueur a été acclamé par des milliers de personnes.
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