TÜRKİYE
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Les ambitions énergétiques de la Türkiye au cœur du Forum économique de Vérone
Au Forum économique eurasiatique de Vérone, la Türkiye présente ses projets de développement des énergies renouvelables et du nucléaire, de modernisation des réseaux électriques et de renforcement de son rôle de plateforme énergétique régionale.
Les ambitions énergétiques de la Türkiye au cœur du Forum économique de Vérone
Le ministre turc de l'Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar

La sécurité énergétique, les investissements et les infrastructures financières nécessaires pour renforcer la connectivité économique à travers l'Eurasie ont été au cœur des discussions vendredi, deuxième et dernier jour du Forum économique eurasiatique de Vérone, organisé à Istanbul.

S'exprimant lors du forum, le ministre turc de l'Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a déclaré que les tensions géopolitiques, les perturbations de l'approvisionnement et la hausse de la demande énergétique dans le monde rendaient nécessaires une plus grande diversification, davantage d'investissements et un renforcement de la coopération internationale.

Il a indiqué que la Türkiye importait près de 70 % de ses besoins énergétiques, faisant de la réduction de sa dépendance extérieure une priorité stratégique en matière économique et de sécurité nationale.

Les énergies renouvelables représentent plus de 62 % de la capacité installée de production d'électricité du pays, tandis que les capacités cumulées de l'éolien et du solaire ont dépassé 43 gigawatts (GW), a-t-il précisé.

La Türkiye prévoit d'importants investissements dans l'énergie

Alparslan Bayraktar a indiqué que la Türkiye aurait besoin d'investissements considérables dans ses réseaux électriques au cours des prochaines années, afin d'intégrer davantage de capacités renouvelables, d'améliorer la résilience du réseau et de développer les échanges transfrontaliers d'électricité.

La Türkiye prépare également ses premiers appels d'offres pour des projets éoliens en mer au cours du premier semestre 2027. Parallèlement, son programme de zones de ressources en énergies renouvelables vise à attribuer chaque année 2 GW de nouvelles capacités.

Concernant l'énergie nucléaire, Alparslan Bayraktar a déclaré que les travaux se poursuivaient avec le groupe russe Rosatom en vue de la mise en service, dans les prochains mois, du premier réacteur de la centrale nucléaire d'Akkuyu.

Une fois ses quatre réacteurs opérationnels, la centrale, d'une capacité totale de 4,8 GW, devrait couvrir environ 10 % de la demande d'électricité de la Türkiye.

Le pays ambitionne d'atteindre une capacité nucléaire de 20 GW d'ici à 2050, en combinant des réacteurs conventionnels et des petits réacteurs modulaires.

Alparslan Bayraktar a également souligné la position géographique de la Türkiye, située entre des régions productrices et consommatrices d'énergie. Ankara souhaite renforcer son rôle de partenaire fiable reliant les marchés énergétiques régionaux, a-t-il déclaré.

La présidence de la COP31 axée sur la mise en œuvre des engagements

Alors que la Türkiye doit accueillir le mois prochain, à Antalya, la conférence des Nations unies sur le climat COP31, Alparslan Bayraktar a affirmé que la présidence turque placerait la mise en œuvre concrète des engagements au centre de l'agenda climatique.

L'objectif sera de transformer les engagements en investissements, en déploiement de technologies et en résultats tangibles, a-t-il expliqué.

Il a souligné que les pays disposaient de systèmes énergétiques et de besoins de développement différents, plaidant contre une approche uniforme de la transition énergétique.

Alparslan Bayraktar a également indiqué que la Türkiye entendait promouvoir un engagement mondial volontaire baptisé "35 d'ici 2035", visant à porter à 35 % la part de l'électricité dans la consommation finale mondiale d'énergie d'ici à 2035.

La mobilisation des capitaux privés, des institutions financières internationales et des partenariats technologiques sera essentielle pour réaliser les investissements nécessaires à cette transition, a-t-il ajouté.

L'Eurasie cherche à renforcer ses liens financiers

La question du renforcement de la connectivité financière a également été abordée lors d'une table ronde intitulée "Les marchés financiers au cœur de l'Eurasie : résilience, infrastructures et opportunités sous-évaluées". Des responsables et des dirigeants du secteur financier y ont examiné les moyens de mieux connecter les marchés de capitaux de la région.

Le vice-ministre russe des Finances, Ivan Chebeskov, a estimé que des marchés de capitaux plus développés et plus liquides deviendraient plus attractifs et plus efficaces, soulignant que les économies eurasiatiques disposaient encore d'une marge de progression considérable en matière d'intégration financière.

Il a indiqué que l'Union économique eurasiatique avait déjà commencé à mettre en place des mécanismes visant à faciliter l'accès transfrontalier aux marchés pour les investisseurs et les émetteurs. Un mécanisme destiné à permettre aux professionnels des marchés d'y accéder est également en voie d'achèvement.

Ivan Chebeskov a ajouté qu'une autre priorité consistait à intégrer les infrastructures de marché, notamment les places boursières et les dépositaires de titres.

Au sein des BRICS, qui regroupent notamment le Brésil, l'Inde, la Chine et plusieurs autres pays, des projets pilotes associant la Bourse de Moscou et le Dépositaire national de règlement russe visent à tester des connexions entre les marchés de capitaux des pays membres intéressés, a-t-il précisé.

Il a également souligné que les monnaies nationales étaient susceptibles de jouer un rôle croissant sur les marchés financiers.

Les marchés de capitaux russes se tournent vers le financement intérieur

Le président de la Bourse de Moscou, Viktor Zhidkov, a déclaré que les opérations sur les actions russes étaient désormais concentrées sur le marché intérieur, les émissions d'actions et d'obligations étant réalisées localement et la demande nationale étant suffisante pour les absorber.

Selon lui, les actifs des investisseurs particuliers sur le marché boursier ont presque doublé en cinq ans, pour atteindre 16 000 milliards de roubles (199 milliards de dollars). Depuis 2022, les investisseurs privés ont également placé plus de 4 000 milliards de roubles (50 milliards de dollars) dans des obligations d'entreprises sur la Bourse de Moscou.

Les émissions d'obligations d'entreprises ont atteint 7 200 milliards de roubles (89,6 milliards de dollars) au cours des neuf premiers mois de 2026, soit une hausse de 20 % par rapport à la même période de l'année précédente, a indiqué Viktor Zhidkov.

Ignat Dirks, directeur adjoint du département de Gazprom, a décrit une évolution similaire au niveau des entreprises. Selon lui, la part des marchés étrangers dans le portefeuille de financement du groupe est passée de 77 % en 2022 à 13 % à la mi-2026.

Il a précisé que Gazprom avait levé plus de 14 milliards de dollars sur le marché intérieur au cours des quatre dernières années pour refinancer ses engagements, ainsi qu'environ 20 milliards de dollars destinés au financement de nouveaux projets.

La restructuration du portefeuille de financement du groupe a été rendue possible par la maturité croissante du marché financier intérieur russe, a-t-il expliqué.

Des normes communes considérées comme essentielles à l'intégration

La vice-présidente de Gazprombank, Elena Borisenko, a souligné l'importance d'une complémentarité et d'une spécialisation accrues entre les centres financiers.

Elle a estimé que l'adoption de normes communes, de règles de conformité et d'approches harmonisées contribuerait à renforcer la compatibilité des systèmes financiers.

Selon elle, la qualité des systèmes de règlement, des flux de capitaux, du financement du commerce et des produits d'investissement déterminera la résilience et l'efficacité de l'architecture financière eurasiatique.

La 19e édition du Forum économique eurasiatique de Vérone s'est tenue jeudi et vendredi au palais de Çırağan, à Istanbul. Organisé par l'association italienne Associazione Conoscere Eurasia, avec le soutien de l'association turque MUSIAD et de l'université Ibn Haldun, l'événement a réuni des représentants politiques, diplomatiques, universitaires et économiques de plus de 30 pays.

SOURCE:TRT français et agences