Israël aurait rejeté la demande libanaise de retrait des forces israéliennes du Sud-Liban lors de pourparlers menés sous l'égide des États-Unis.
La chaîne de télévision publique israélienne KAN, citant des responsables israéliens, a indiqué vendredi que le Liban avait soulevé la question lors de discussions réunissant des représentants militaires des deux pays sous l'égide américaine.
Israël a informé les médiateurs qu'il ne se retirerait pas, selon ce même rapport.
KAN a précisé que les pourparlers avaient également porté sur la possibilité de parvenir à un accord de cessez-le-feu plus large, incluant des discussions sur l'armement du Hezbollah.
La chaîne, citant des médias libanais, a ajouté que les délégations militaires israélienne et libanaise ne tenaient pas de discussions directes, tous les messages étant transmis par le médiateur américain.
Le Liban a demandé des éclaircissements sur les termes employés par Israël pour justifier son invasion militaire, notamment "danger imminent" et "réponse aux menaces", selon les informations recueillies. Israël souhaiterait établir un mécanisme de communication directe entre les armées israélienne et libanaise, ainsi qu'une coopération en matière de désarmement du Hezbollah.
Le Liban, quant à lui, rejette toute coordination directe et maintient que sa priorité est de mettre fin à l'invasion et aux attaques israéliennes et de garantir le respect des accords conclus sous la médiation américaine.
KAN a également rapporté que les représentants militaires israéliens se sont concentrés, lors des discussions, sur les drones du Hezbollah et les installations militaires situées au nord du fleuve Litani.
Les États-Unis saluent des pourparlers "productifs"
Un responsable américain a qualifié la réunion de "productive", ajoutant qu'elle viendrait compléter les discussions diplomatiques à venir.
"Aujourd'hui, au Pentagone, j'ai reçu des délégations militaires israéliennes et libanaises pour le volet sécuritaire des pourparlers de paix en cours entre nos deux pays", a déclaré Elbridge Colby, numéro deux du Pentagone, sur la chaîne X.
"Nous avons eu des discussions militaires productives qui alimenteront le volet politique mené par le Département d'État la semaine prochaine", a-t-il ajouté.
Dans un communiqué, le Pentagone a affirmé soutenir la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban, "libre de toute ingérence armée non étatique", et s'est félicité de l'engagement des deux armées dans les négociations.
Israël a poursuivi son invasion et ses attaques contre le Sud-Liban et d'autres régions malgré un cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril et prolongé de 45 jours à compter du 17 mai, à la suite de pourparlers indirects menés sous l'égide des États-Unis.
Le ministère libanais de la Santé a indiqué que les attaques israéliennes, depuis le 2 mars, ont fait 3 355 victimes dans tout le pays.
Malgré les pourparlers en cours, Israël a bombardé vendredi trois quartiers de Tyr, dans le Sud-Liban, tuant 11 personnes, dont un secouriste et un ressortissant syrien, a précisé le ministère de la Santé.
Huit personnes ont été blessées, dont un autre secouriste, a indiqué le ministère, dénonçant ces attaques comme une "violation flagrante du droit humanitaire".























