FRANCE
2 min de lecture
Esclavage: la France approuve l'abrogation du "Code noir"
Les effets de l'histoire esclavagiste et coloniale de la France sont toujours visibles aujourd'hui à travers les inégalités persistantes entre les outre-mer et l'Hexagone, ainsi que les discriminations subies par les personnes noires.
Esclavage: la France approuve l'abrogation du "Code noir"
L'Assemblée nationale française a approuvé jeudi à l'unanimité l'abrogation du "Code noir"

L'Assemblée nationale française a approuvé jeudi à l'unanimité l'abrogation du "Code noir" et l'ensemble des textes ayant réglementé l'esclavage dans les colonies françaises, jamais formellement abrogés après 1848.

Après le vote, ému aux larmes et enlacé par des collègues ultramarins dans l'hémicycle, le député centriste Max Mathiasin (Guadeloupe, Antilles françaises), qui a porté la proposition de loi, a salué "un pas supplémentaire, un hommage aux hommes et aux femmes, aux enfants mis en esclavage".

Ce texte avait reçu la semaine dernière le soutien d'Emmanuel Macron, le président estimant que le maintien dans le droit de ces textes, quand bien même sans effets juridiques, constitue "une trahison de ce qu'est la République".

"L'esclavage a été définitivement aboli en 1848, mais ces textes demeurent présents dans l'ombre de notre droit. Il est temps de les en faire sortir définitivement par respect pour la mémoire de millions d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont subi cette oppression dans leur chair", a déclaré Mathiasin lors de l'examen du texte en commission le 20 mai. Il avait alors été adopté à l'unanimité.  

Mais c'est surtout la question des réparations, plus largement, qui devrait constituer le cœur des débats.

Lors de la réception à l'Elysée pour le 25e anniversaire de la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité, le chef de l'Etat a entrouvert ce dossier, estimant que "cette immense question" ne devait pas être éludée. 

Dans le même temps, il a déclaré qu'il ne fallait pas "non plus faire de fausses promesses" et n'a pas annoncé d'actions concrètes en ce sens.

Dans les Outre-mer des voix s'élèvent pour réclamer de passer "de la mémoire à la réparation". 

Lors de l'examen en commission, plusieurs députés ont rappelé qu'au lendemain de l'abolition de l'esclavage, la France avait versé des réparations aux anciens propriétaires d'esclaves et non aux personnes asservies, laissées sans terre.

Philippe Naillet (socialiste) avait par exemple rappelé que dans les Outre-mer "l'égalité formelle n'a pas abouti à l'égalité réelle", dénonçant des territoires minés par la pauvreté et le chômage, avec la persistance "d'une économie de comptoir". 

Le député de la Réunion, dans l'océan Indien, demande non pas des "réparations financières, mais en termes de politiques publiques", avec par exemple davantage de moyens dans l'éducation que pour l'Hexagone.

En RelationTRT Français - Crimes coloniaux et traite transatlantique: l’Afrique en quête de justice
SOURCE:TRT français et agences