FRANCE
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Prisons, services psychiatriques et structures pour mineurs au bord de la rupture
La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté tire la sonnette d’alarme: les prisons, centres de rétention, services psychiatriques et structures pour mineurs sont au bord de la rupture, victimes d’un manque chronique de moyens.
Prisons, services psychiatriques et structures pour mineurs au bord de la rupture
Blocage des prisons face au manque de personnel et à la surpopulation

La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, tire la sonnette d’alarme. Dans son rapport 2025, publié jeudi 28 mai et fondé sur 138 visites d’établissements, elle décrit des prisons, centres de rétention, services psychiatriques et structures pour mineurs au bord de la rupture, victimes d’un manque chronique de moyens et d’effectifs.

La surpopulation carcérale atteint des niveaux "jamais imaginés", relève la CGLPL : des taux d’occupation fréquemment compris entre 150 et 200 %, parfois jusqu’à 300 %. Des détenus "entassés", des cellules vétustes, des sanitaires dégradés et des matelas posés à même le sol sont signalés dans de nombreuses maisons d’arrêt. Conséquence : violences et rixes se multiplient, et la mortalité carcérale reste élevée — environ 250 décès par an, la plupart par suicide.

Les centres de détention, eux, sont "saturés" et peinent à jouer leur rôle de réinsertion, ce qui pèse encore davantage sur les maisons d’arrêt. Dans les centres de rétention administrative, la CGLPL dénonce des conditions d’hébergement "indignes", des atteintes à l’intimité et un accès aux soins aléatoire, quand le secret médical n’est pas toujours respecté.

Côté personnel, la situation est tout aussi critique. Surveillants, soignants, officiers et conseillers souffrent d’un sous-effectif structurel et d’un recours massif aux heures supplémentaires. "Au bout de leur vie", ces agents voient leur vigilance diminuer, tandis que la contrôleuse pointe aussi des comportements inappropriés de certains membres du personnel — propos humiliants, xénophobes, voire violences physiques.

Les établissements pour mineurs ne sont pas épargnés. Quatre des six prisons pour mineurs visitées présentent des conditions d’hébergement inadaptées : cellules spartiate, hygiène défaillante, locaux rapidement dégradés malgré leur jeunesse. L’encadrement souffre de "vacances d’emploi" et d’un absentéisme élevé, et la coopération entre l’administration pénitentiaire et la protection judiciaire de la jeunesse reste largement insuffisante.

Psychiatrie en alarme

Le bilan en psychiatrie est alarmant : la CGLPL constate une pénurie de psychiatres et de personnels paramédicaux, des postes non pourvus, et un recours fréquent à des internes ou à l’intérim. Ces pratiques entraînent des décisions irrégulières — notamment pour les placements en soins sans consentement — et des usages de l’isolement et de la contention souvent contraires au cadre légal.

Particulièrement préoccupante, la situation des mineurs en psychiatrie : mélangés aux adultes dans certains services, certains enfants sont isolés ou attachés sans examen judiciaire préalable. Dominique Simonnot réclame un "statut de l’enfant en psychiatrie" pour interdire ces pratiques.

Au final, la CGLPL parle d’une "déficience de l’État" et appelle à du "courage politique" pour engager des mesures d’urgence : renforts d’effectifs, investissements dans l’entretien et la construction, amélioration de l’accès aux soins et renforcement des garanties juridiques pour les personnes privées de liberté. Sans ces réformes rapides, la contrôleuse met en garde : les établissements resteront des lieux de souffrance et d’insécurité.

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SOURCE:TRT français et agences