AFRIQUE
2 min de lecture
La Guinée-Bissau interdit un essai clinique sur des nouveau-nés financé par les États-Unis
Les autorités de Guinée-Bissau ont interdit un essai clinique sur 14 000 nouveau-nés, financé en partie par les États-Unis, qui prévoyait de retarder de six semaines la vaccination contre l'hépatite B pour la moitié des nourrissons.
La Guinée-Bissau interdit un essai clinique sur des nouveau-nés financé par les États-Unis
Le projet avait reçu un financement de 1,6 million de dollars des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies

Le Conseil des ministres de Guinée-Bissau a confirmé le 16 octobre son refus d'autoriser l'étude, selon les déclarations de Christine Stabell Benn, l'une des chercheuses impliquées dans le projet, rapportées jeudi par le média spécialisé Ars Technica.

L'essai devait être mené par des chercheurs danois du Bandim Health Project, affilié à l'Université du Danemark du Sud. 

Il prévoyait de répartir aléatoirement 14 000 nouveau-nés en deux groupes : 7 000 devaient recevoir le vaccin contre l'hépatite B dès la naissance, tandis que les 7 000 autres auraient été vaccinés à l'âge de six semaines, conformément au calendrier actuellement appliqué dans le pays.

Les chercheurs souhaitaient comparer les effets des deux calendriers vaccinaux sur la mortalité, les maladies et le développement des enfants. Les participants devaient être suivis pendant plusieurs années.

Le projet avait reçu un financement de 1,6 million de dollars des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Des financements privés devaient également contribuer à sa réalisation.

L'étude a été vivement contestée par des spécialistes de santé publique, qui estiment qu'elle exposerait inutilement des nourrissons à une infection évitable. 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande en effet d'administrer une première dose du vaccin contre l'hépatite B dans les 24 heures suivant la naissance, notamment dans les pays où le virus est très répandu.

En Guinée-Bissau, où la prévalence de l'hépatite B est élevée, la vaccination intervient actuellement à six semaines. Les autorités prévoient d'introduire une vaccination systématique dès la naissance à partir de 2028.

La controverse s'est également accompagnée de tensions sur les autorisations réglementaires. Le ministre de la Santé, Quinhin Nantote, avait affirmé que son ministère n'avait pas autorisé l'essai selon les modalités présentées publiquement. 

Les autorités ont demandé que le projet respecte la législation nationale et les règles internationales encadrant la recherche impliquant des êtres humains.

Lundi, la police judiciaire a perquisitionné les locaux du Bandim Health Project et saisi des vaccins destinés à l'étude, selon les informations publiées par la presse. Les chercheurs ont indiqué que l'essai n'avait pas commencé et qu'aucun nourrisson n'avait reçu de vaccin dans le cadre du protocole.

SOURCE:TRT français et agences