Des frappes israéliennes ont fait au moins 28 morts et 42 blessés jeudi dans le sud, le centre et l'est du Liban, dans un contexte de violations continues du cessez-le-feu, selon des sources officielles libanaises.
Ces attaques ont consisté en 95 frappes aériennes et neuf tirs d'artillerie visant des quartiers résidentiels, des zones commerciales et des axes routiers principaux dans plusieurs districts du pays.
Parmi les victimes figurent six enfants, cinq femmes, deux soldats libanais et une famille prise pour cible alors qu'elle tentait de fuir les violences dans le sud du Liban.
Dans le district de Nabatieh, les frappes israéliennes ont fortement ciblé les zones résidentielles et commerciales de la ville de Nabatieh et des localités environnantes, détruisant plusieurs bâtiments et une mosquée près d'un centre de la Croix-Rouge libanaise.
Une frappe sur la route Zefta-Deir al-Zahrani a tué deux soldats libanais, tandis qu'une attaque à Jibsheet a coûté la vie à un travailleur bangladais, sa femme et leur enfant, dont le véhicule a été pris pour cible.
Dans le district de Sidon, une frappe israélienne contre le véhicule d'une famille qui tentait de fuir sur l'autoroute Adloun a tué six personnes, dont deux enfants et leurs parents.
Une autre frappe a ciblé un appartement dans un immeuble résidentiel du quartier de Qiyaa à Sidon, faisant cinq morts, dont deux femmes, et 21 blessés, parmi lesquels des enfants.
Dans le district de Tyr, des frappes israéliennes ont visé plusieurs villes et quartiers. Une attaque a touché un café et un immeuble d'habitation rue Hiram, provoquant un incendie et des opérations de sauvetage sous les décombres.
Une autre frappe a rasé un bâtiment dans le quartier de Zuqouq al-Mufti à Tyr, tandis que d'autres attaques ont ciblé des routes et des zones résidentielles dans tout le district.
L'armée israélienne a également émis de nouveaux ordres d'évacuation concernant des zones de la ville de Tyr, notamment des quartiers, des camps de réfugiés et les environs de l'hôpital Hiram.
Des tirs d'artillerie israéliens ont également ciblé plusieurs villes des districts de Nabatieh, Marjayoun, Tyr et Hasbaya.
Dans l'est du Liban, une frappe israélienne a ciblé la ville de Sohmor, dans le district de la Bekaa occidentale.
Une autre frappe israélienne a touché un appartement du complexe résidentiel Al-Rayan à Choueifat, près de la banlieue sud de Beyrouth, faisant trois morts (une femme, son bébé et un enfant syrien) et quinze blessés.
Ces attaques s'inscrivent dans le cadre des violations répétées par Israël de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 17 avril et prolongé jusqu'à début juillet.

"Punition collective"
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a déclaré jeudi que les attaques israéliennes en cours contre les villes de Tyr et de Nabatieh, dans le sud du pays, ainsi que la destruction de leurs monuments historiques et les menaces proférées contre leurs habitants, constituent un "châtiment collectif" condamné par le droit international.
"Rien ne peut justifier la poursuite des attaques contre les régions de Tyr et de Nabatieh, la destruction de leurs monuments historiques, les menaces constantes contre nos paisibles résidents, ni les appels répétés à quitter leurs foyers et à abandonner leurs moyens de subsistance", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Salam a affirmé que ces événements renforcent l’engagement du Liban en faveur d’un "cessez-le-feu immédiat, d’un retrait total d’Israël de notre pays et de l’extension de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire libanais", permettant ainsi aux personnes déplacées de rentrer chez elles "en toute sécurité et dans la dignité".
Il a ajouté que le gouvernement libanais poursuit ses efforts pour mobiliser le soutien arabe et international afin d’atteindre ces objectifs.
"C’est notre devoir national et notre droit inaliénable, et nous ne transigerons en aucune circonstance", a-t-il conclu.























